Victoria Boardman est l'une des bénéficiaires de la bourse de formation pour entraîneurs de la FIFA
Boardman et son mentor, Jonas Urias, mettent en avant la relation de travail qu'ils ont établie
"Le programme m'a aidé dans ma quête pour devenir la meilleure version de moi-même"
"C'est énorme, c'est vraiment énorme. Il n'y a pas assez de programmes qui aident ou soutiennent les entraîneurs de football féminin. Pas assez de ressources pour soutenir le développement personnel. Il est difficile d'atteindre les postes de haut niveau dans le football. Une femme ne peut pas seulement être bonne ; elle doit être exceptionnelle. C'est pourquoi un programme comme celui-ci, qui rassemble et soutient les entraîneurs féminins, tout en créant un réseau, est particulièrement important".
Victoria Boardman est catégorique sur l'importance de créer de telles opportunités grâce à la bourse de formation pour entraîneurs de la FIFA, l'un des huit programmes de développement mis en place par l'instance du football mondial pour le football féminin. Pour être éligible à cette bourse, les candidates doivent, entre autres critères, détenir une licence C ou supérieure et entraîner activement une équipe en compétition. Les objectifs principaux sont les suivants :
1) Augmenter le nombre de femmes-entraîneurs qualifiées
2) Créer des voies plus faciles pour que les joueuses obtiennent des qualifications et augmentent leurs opportunités d'emploi en tant qu'entraîneures pendant ou après leur carrière de footballeuses
3) Impulser une dynamique les joueuses et les entraîneures dans le but de leur assurer des carrières plus longues.
Cette ancienne internationale anglaise en sélection de jeunes est aujourd'hui entraîneure-assistante au North Carolina Courage FC, club de NWSL, depuis mars 2023. Le prochain objectif de cette femme de 39 ans est d'obtenir une licence Pro d'ici décembre 2024.
"J'ai trouvé que ce programme était d'une grande qualité et je dirais même qu'il a dépassé mes attentes. Tout dépend de qui est votre mentor et du type de connexion que vous établissez avec cette personne. J'ai eu la chance d'avoir cette connexion", explique la Londonienne au micro de FIFA.com.
Son mentor était le Brésilien Jonas Urias, qui a dirigé la sélection auriverde à la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA en 2022, puis a été coach-assistant lors de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA en 2023, et qui est, depuis août 2023, entraîneur de l'équipe féminine du Cruzeiro Esporte Clube de Belo Horizonte.
Urias, par ailleurs expert technique de la FIFA, a lui aussi salué le programme et son fonctionnement. "C'est génial de pouvoir offrir aux jeunes et talentueuses entraîneures ce genre d'opportunités, non seulement par le biais de bourses, mais aussi par le mentorat tout au long de la saison. Ainsi, elles peuvent évaluer et partager des résultats, enseigner et apprendre, le tout dans un environnement sûr. C'est une très bonne façon de soutenir leur développement."
Boardman insiste sur la relation positive qu'elle a établie avec Urias. "Étant donné que c'était un mentorat en ligne, si les deux personnes ne sont pas vraiment engagées dans le projet, il aurait été très difficile de nous ajuster. Mais Jonas a rendu ça super facile. La première réunion en visio a duré presque deux heures. Au début, je me disais que c'était beaucoup, mais Jonas m'a donné beaucoup d'autonomie."
C'est genial de pouvoir offrir de telles opportunités aux jeunes et talentueuses entraîneures tout au long de la saison
Boardman insiste sur la relation positive qu'elle a établie avec Urias. "Étant donné que c'était un mentorat en ligne, si les deux personnes ne sont pas vraiment engagées dans le projet, il aurait été très difficile de nous ajuster. Mais Jonas a rendu ça super facile. La première réunion en visio a duré presque deux heures. Au début, je me disais que c'était beaucoup, mais Jonas m'a donné beaucoup d'autonomie."
L'Anglaise imaginait initialement que son mentor serait une femme : "Je n'aurais échangé Jonas pour quoi rien au monde", tempère-t-elle. "Il a pris le temps à chacun de nos rendez-vous. Il est très moderne dans son approche et a été extrêmement ouvert sur son histoire personnelle et son parcours dans le football féminin. Il m'écoutait toujours et était toujours disponible."
De son côté, Urias ne tarit pas d'éloges à l'égard de Boardman. L'Anglaise, qui a combiné le rôle d'entraîneure avec celui de footballeuse professionnelle jusqu'à sa retraite en 2013, est également membre du réseau de recrutement de joueuses américaines, catégorie "jeunes", depuis 2020. "Victoria est géniale, et je ne doute pas qu'elle deviendra l'une des meilleures entraîneures du monde. Elle est talentueuse, organisée, sait ce qu'elle veut et a un grand cœur et de l'empathie pour les gens. Je n'avais pas l'impression d'être le mentor et elle l'élève, mais plutôt deux entraîneurs avec de l'expérience internationale échangeant des idées en toute confiance". Boardman souligne l'importance des mots de son mentor. "Il m'a fait croire en moi-même, il a fait grandir ma confiance, et je lui suis très reconnaissante pour cela parce que c'est l'une de mes faiblesses. Plusieurs fois, il m'a souligné que j'étais prête à être une entraîneure "principale", quelque chose que je ne croyais pas moi-même encore."
Riche de cette expérience, Boardman se fixe des "objectifs réalistes", stimulée par les exemples de trois anciennes joueuses lors de la récente Coupe du Monde Féminine de la FIFA.
Je cherche à être la meilleure version de moi-même, et ce programme m'aide dans cette quête
"Ce que Sarina (Wiegman) a fait pour les entraîneures est fantastique, car elle est exceptionnelle. Bien sûr, Martina (Voss-Tecklenburg) et Pia (Sundhage) sont aussi d'excellents exemples : on ne peut pas être ce que l'on ne peut pas voir, et elles donnent toutes de la visibilité à l'entraînement. En tant que joueuse, j'ai fait partie d'une génération qui commençait tout juste à avoir des modèles. De nos jours, les femmes en ont un plus large panel."
Qu'est-ce qui attend désormais Boardman ? "Je pense avoir eu deux très bonnes années en tant qu'assistante et je suis satisfaite de ma contribution dans les deux équipes pour lesquelles j'ai travaillé (North Carolina Courage et San Diego Wave). La prochaine étape serait d'avoir une chance en tant qu'entraîneure 'principale'," dit-elle.
"Aujourd'hui, en NWSL, davantage de femmes ont la possibilité d'entraîner. Pour l'instant, je suis obsédée par l'amélioration, sans me comparer à personne d'autre. Je cherche à être la meilleure version de moi-même pour quand mon opportunité viendra, que ce soit aux États-Unis ou ailleurs. Et cette bourse de formation pour entraîneurs de la FIFA m'a vraiment aidée dans cette quête."
Les diplômées du programme de bourse de formation pour entraîneurs :
Amrutha Aravind | Valliyath | Inde |
Amy | Merricks | Angleterre |
Amy | Armistead | Australie |
Catherine | Cannuli | Australie |
Dana | Kerem | Israël |
Dovrat | Van Ouwerkerk | Israël |
Faye | Chambers | Australie |
Freya | Coombe | USA |
Irene | Hehir | République d'Irlande |
Kelly | Stirton | Australie |
Kim | de Bruin | Pays-Bas |
Kristine | Pedersen | Danemark |
Laura | Heffernan | République d'Irlande |
Liz | Doherty | Australie |
Mara | Watts | Australie |
Mari | Savolainen | Finlande |
Mariyam | Mirfath | Maldives |
Michal | Ravitz Lurie | Israël |
Nicola | Williams | Australie |
Sarah | Lowdon | USA |
Siyana | Aminath | Maldives |
Tanya | Oxtoby | Angleterre |
Tiarn | Powell | Australie |
Victoria | Boardman | USA |
Vinnie | Baun | Danemark |
Youngjeong | Park | République de Corée |