L’équipe de Mauritanie féminine s’est envolée pour la Côte d’Ivoire pour participer aux FIFA Series 2026
Les Mourabitounes ont affronté l’hôte de l’événement et le Pakistan, et elles se mesureront aux Îles Turques-et-Caïques le 16 avril
La Mauritanie devrait intégrer bientôt le Classement mondial féminin FIFA/Coca-Cola
Sur le papier, le vol reliant la Mauritanie à la Côte d’Ivoire pour disputer les FIFA Series 2026 paraît moins spectaculaire que celui opéré par les équipes féminines du Pakistan et des Îles Turques-et-Caïques, également présentes pour l'occasion à Abidjan. La capitale ivoirienne et Nouakchott ne sont en effet séparées que par 2000 kilomètres à vol d’oiseau. Pour autant, ce déplacement représente un gigantesque bond en avant pour les Mourabitounes.
« C’est un moment unique pour la plupart de mes joueuses », explique Jordi Arimany, sélectionneur de l’équipe de Mauritanie féminine, au micro d’Inside FIFA. « Certaines prenaient l’avion pour la première fois. Rien que pour ce voyage, le pari de ces FIFA Series est gagné. Elles n’oublieront jamais cette aventure qui va les faire grandir en tant que femmes, mais aussi progresser en tant que joueuses. »
La sélection mauritanienne affrontait la Côte d’Ivoire, hôte de l’événement, ce 9 avril. Le baptême du feu a été difficile, puisqu’elle a été battue 8-0. Mais elle a su rebondir quatre jours plus tard face au Pakistan (AFC) que les Mourabitounes ont battu 1-0. Elles se mesureront à l'équipe de Turques-et-Caïques (Concacaf) le 16 avril. Si tout résultat positif est évidemment bon à prendre, c’est surtout l’expérience à la fois humaine et footballistique qu’Arimany et ses protégées vont chercher à l’occasion de ces premières FIFA Series féminines de l’histoire.
« Pour une petite nation du football comme la nôtre, ce genre de tournoi représente une formidable opportunité de progresser. C’est une étape-clé dans notre processus de développement. Offrir à nos joueuses la possibilité de disputer des matches contre des équipes d’autres continents, c’est comme si on leur permettait de vivre une sorte de mini-Coupe du Monde », poursuit-il. « Elles n’ont rien à perdre ici : elles ont simplement à apprendre, à gagner en compétitivité et à continuer de grandir ».
D’ailleurs, et c’est la cerise sur le gâteau, cette progression devrait bientôt pouvoir se mesurer au regard du Classement FIFA. La Mauritanie compte rejoindre officiellement la hiérarchie mondiale : une étape majeure sur leur parcours. « Ce serait quelque chose d’important et de très significatif à nos yeux », souligne le coach. « Cela démontrerait que le football féminin mauritanien est à la fois actif et compétitif. Intégrer ce classement est un objectif que nous nous sommes fixés, le but est désormais d’y faire bonne figure !».
En tout cas, la dynamique est bonne. Depuis 2019, année où la sélection nationale féminine a vu le jour, la discipline a connu un développement exponentiel grâce notamment aux efforts conjoints de la Fédération Mauritanienne de Football et de la FIFA. Le Programme Football for Schools de la FIFA a été ainsi implanté en 2022. L’agrandissement du siège de la FFRIM, l’installation de trois terrains synthétiques, et la construction d'un centre médical sont autant de projets qui ont été rendus possibles grâce au soutien du Programme FIFA Forward. Enfin, l’Académie des Talents de la FIFA, première du genre en Afrique, a ouvert ses portes en 2025 à Nouakchott.
« Tous ces programmes sont d’une grande aide pour le développement du football féminin mauritanien », souligne Jordi Arimany. « Ils offrent non seulement la possibilité aux jeunes filles mauritaniennes de jouer au football mais, qui plus est, de s’épanouir pleinement dans ce sport. L’Académie des Talents en est le meilleur exemple en offrant un cadre idéal pour éclore à de jeunes adolescentes appelées à devenir de grandes championnes. »
Tacko Diabira en est déjà une. À 26 ans, l’attaquante fait figure de tête de proue du football féminin mauritanien après s’être imposée dans le réputé championnat sénégalais, dont elle a terminé co-meilleure buteuse en 2025 avec 11 réalisations. Ayant préféré s’expatrier au Sénégal il y a quelques années pour pouvoir continuer sa progression, elle se réjouit aujourd’hui de voir l’évolution positive de la discipline en Mauritanie, pays où le football n’a longtemps été conjugué qu’au masculin.
« Il faut continuer à faire avancer le football féminin en Mauritanie, et ces programmes FIFA vont dans ce sens », souligne-t-elle. « Nous sommes dans une spirale positive. Notre participation aux FIFA Series en est d’ailleurs la preuve. Cela va apporter de la visibilité à notre football grâce à la portée mondiale de l’événement. Quant à nous, joueuses, ça va nous permettre d’apprendre et de progresser encore ! »
À travers ces FIFA Series, c’est tout un pays qui franchit un cap symbolique. Plus qu’un tournoi, cette expérience marque le début d’un chemin désormais clairement tracé vers la scène mondiale.