FIFA
jeudi 29 octobre 2026, 11:00

“Nous n’avons pas à choisir” : des arbitres racontent comment la FIFA les aide à concilier maternité et carrière

KATOWICE, POLAND - SEPTEMBER 04: Referee Myriam Marcotte poses for a portrait during a FIFA U-20 Women's World Cup Portrait Session on September 04, 2026 in Katowice, Poland. (Photo by Mateusz Slodkowski - FIFA/FIFA via Getty Images)
  • La FIFA aide les arbitres féminines à trouver l’équilibre entre carrière et maternité

  • Lancé en 2026, le Projet Santé et performance des femmes vient renforcer les initiatives existantes de la FIFA et le soutien apporté aux mères dans le football

  • Lara Lee, Australie : “Je peux être à la fois mère, arbitre et Lara”

Lorsque la Mauricienne Queency Victoire, officielle de match, a donné naissance à son premier enfant en 2020, elle s’est inquiétée de ses chances de reprendre sa place. “En tant que femme, on appréhende le retour. On ne sait pas comment ça va se passer, ce qui va arriver, etc.”, dit-elle. Ses craintes étaient pourtant infondées. Trois ans plus tard, elle était retenue parmi les officielles de match de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Australie et Nouvelle-Zélande 2023™. Depuis, elle a donné naissance à son deuxième enfant et, après avoir repris sa carrière, elle fait partie des arbitres assistantes de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2026™ au Maroc.

Referee Filming - FIFA U-17 Women's World Cup 2026

Victoire explique avoir été bien soutenue tout au long de ce parcours et n’avoir jamais subi de pression pour revenir sur les terrains : au contraire, on l’a encouragée à revenir à son rythme. “On nous demande comment ça va, on prend des nouvelles de nous, donc je pense que le soutien que nous avons reçu de la part de la FIFA nous a vraiment aidées. Sur le plan mental, psychologique et physique, tout cela nous aide beaucoup en tant qu’arbitres femmes”, ajoute-t-elle. La FIFA a renforcé son soutien aux arbitres internationales en leur offrant la possibilité de concilier maternité et carrière. Bibiana Steinhaus-Webb, responsable de l’arbitrage féminin de la FIFA, a souligné qu’il était tout à fait possible d’être à la fois arbitre en Coupe du Monde de la FIFA et mère.

Referee Filming - FIFA U-17 Women's World Cup 2026

Selon Bibiana Steinhaus-Webb, le soutien aux officielles de match repose sur plusieurs principes fondamentaux. “Nous savons que chaque grossesse est unique et, dans tous les cas, nous cherchons à leur apporter de la sérénité. Nous travaillons avec les associations membres pour maintenir les officielles de match sur la liste de la FIFA pendant leur grossesse et pour éviter un retour prématuré à l’entraînement ou à la compétition”, a-t-elle expliqué. “Nous les accompagnons aussi avec un entraînement individualisé et flexible, ainsi qu’un accès à des ressources médicales. Le soutien parental passe par la présence d’un accompagnateur lors des événements de la FIFA, ainsi que par des hébergements et des déplacements adaptés aux familles. Par ailleurs, à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2027™, chaque stade sera pourvu d’espaces aménagés entièrement réservés aux mères allaitantes et équipés de dispositifs d’allaitement.”

La Canadienne Myriam Marcotte a officié à la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA 2026™ en Pologne, après avoir donné naissance à son deuxième enfant l’an dernier. Arbitre FIFA depuis 2019, elle rêve, comme Victoire, d’être sélectionnée pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Brésil 2027™.

Marcotte explique que son invitation au séminaire de la FIFA pour les arbitres féminines d’élite de la Concacaf, organisé au Costa Rica en février 2025 alors qu’elle était enceinte de sept mois, lui a rappelé à point nommé qu’elle faisait toujours partie de la “Team One”.

“Le fait d’avoir été si rapidement intégrée à ce séminaire m’a fait penser : ‘OK, j’ai encore ma chance. Je suis toujours dans la boucle. Je peux encore revenir’. Le simple fait d’être avec toutes les autres arbitres à ce séminaire m’a donné l’impression de ne pas avoir perdu trop de terrain par rapport à elles”, confie-t-elle. “Savoir qu’on ne va pas être remplacée lorsque l’on s’absente pendant un certain temps, savoir que les gens ne vous oublient pas et vous invitent à des compétitions ou à des évènements alors que vous êtes enceinte, tout cela aide beaucoup.” Veiller à ce que les officielles de match puissent, à l’image de Marcotte, participer à des événements est un élément essentiel du soutien qu’elles reçoivent au cours de leur grossesse. Elles bénéficient également de bilans médicaux réguliers et de points réguliers sur leur bien-être, par le biais de canaux de communication solidement établis entre l’athlète et l’équipe chargée des performances (techniques et physiques). Elles suivent un programme d’entraînement adapté et sont informées des changements liés à la grossesse sur le plan de la récupération et de la nutrition. La fatigue, la récupération, l’hydratation et les apports nutritionnels font l’objet d’un suivi tout au long de la grossesse.

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Après l’accouchement, la FIFA prend en charge un bilan médical et une rééducation périnéale postnatale. Les officielles bénéficient d’un programme d’entraînement structuré de “retour au terrain”, qui progresse graduellement de la mobilité douce au renforcement musculaire, au travail du plancher pelvien et à la stabilisation du tronc, puis à l’endurance aérobie et à la vitesse, jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à arbitrer un match. Leurs choix en matière de sommeil et d’alimentation de leur enfant sont respectés et accompagnés à mesure qu’elles reprennent progressivement leurs fonctions d’arbitre.

Bibiana Steinhaus-Webb a insisté sur le fait que les arbitres pouvaient choisir ce qui leur convient le mieux en matière de soutien parental. “Si elles préfèrent garder les enfants à la maison, dans leur cadre familial, très bien. Et si elles préfèrent emmener leurs enfants, très bien aussi”, a-t-elle déclaré.

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“La présence d’enfants lors des événements apporte une véritable énergie positive au groupe. Leurs sourires sont contagieux et ils jouent un rôle essentiel dans la création de liens, qui se tissent tellement plus facilement à travers leurs yeux. Ils grandissent avec nous ; nous participons nous aussi à leur éducation. Les personnes accompagnatrices qui voyagent avec les officielles de match ont été formidables jusqu’à maintenant par leur présence, leur soutien et la manière dont elles interagissent, sans être intrusives. On ne saurait trop le souligner.” Le soutien de la FIFA revêt une importance particulière pour celles qui ambitionnent d’arbitrer lors d’une Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. “Je pense que si l’on se projette vers l’avenir et que l’on réfléchit à ce que cela implique, on comprend bien que les femmes auront des enfants au moment qui leur convient le mieux, plutôt qu’au bon moment par rapport à la pause internationale nécessaire entre deux cycles de Coupe du Monde (Féminine de la FIFA)”, analyse l’Australienne Lara Lee. “Car à attendre la bonne trêve, on risque peut-être de ne jamais avoir d’enfant. Je pense donc qu’il est très important de faire preuve d’une grande ouverture d’esprit, car cela offre davantage d’opportunités, aujourd’hui plus que jamais.”

Après avoir accouché de sa fille Kingsley il y a deux ans, Lee officie elle aussi à la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2026. Comme Victoire et Marcotte, elle espère être appelée pour le grand rendez-vous de l’an prochain au Brésil. “J’avais un peu peur de devoir m’arrêter jusqu’à ce qu’elle atteigne un âge qui me permette de concilier mon rôle de mère et mes fonctions d’arbitre”, se souvient Lee, dont les inquiétudes ont finalement été dissipées grâce au soutien de la FIFA. “Il s’agissait avant tout de maintenir une communication ouverte, d’être très honnête à chaque étape et de profiter pleinement de chaque moment avec ma fille. C’est le plus important.” Son message aux autres arbitres est qu’elles peuvent concilier carrière et maternité. “Je pense qu’il est très important de savoir qu’on n’a plus à choisir. On peut désormais choisir la façon de le faire. Parce qu’aujourd’hui, je peux être à la fois Lara, la maman, l’arbitre de football et aussi la fille de mes parents. Je n’ai pas à m’en inquiéter. Je pense donc qu’il est vraiment important de savoir que cette grande ouverture offre davantage d’opportunités, aujourd’hui plus que jamais. Et je suis tellement, tellement reconnaissante envers la FIFA pour le soutien qu’elle m’a apporté tout au long de ce processus”, conclut Lee.

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