Cinquante-quatre officiels issus de 36 associations membres arbitrent la compétition de cette année au Maroc
Sakina Hamidou Alfa est la première femme nigérienne à participer à une compétition FIFA
Ramina Tsoi, originaire de la République kirghize, a commencé à arbitrer pour se faire « de l’argent de poche »
L’élargissement de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA™, qui se dispute désormais chaque année et réunit 24 équipes, offre aux joueuses d’un plus grand nombre de pays à travers le monde l’opportunité de s’illustrer sur la scène internationale dès leur plus jeune âge.
Cette année, l’Australie, Porto Rico et l’Argentine participent à la compétition pour la première fois, tandis que la Côte d’Ivoire, les Samoa, les Pays-Bas et la Norvège avaient tous les quatre fait leurs grands débuts en 2025. Mais les joueuses ne sont pas les seules à voir leurs chances de vivre une compétition internationale se multiplier. Pour l’édition de cette année au Maroc, la FIFA a ainsi réuni 54 officielles de match, toutes des femmes, issues de 36 associations membres différentes, formant une équipe d’une grande diversité culturelle.
Au même titre que la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA 2026™, qui s’est déroulée récemment en Pologne, cette compétition offrira une précieuse expérience aux arbitres ainsi que la possibilité d’augmenter leurs chances d’être appelées pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Brésil 2027™.
« C’est un groupe d’une grande diversité. On vient de cultures différentes, on a des parcours variés et on partage toutes nos bonnes pratiques et nos talents pour faire en sorte que ce groupe d’arbitres réussisse au mieux », a déclaré Bibiana Steinhaus, cheffe du département de l’Arbitrage féminin de la FIFA.
Parmi ces officielles de match figure la Nigérienne Sakina Hamidou Alfa, première femme de son pays à participer à une compétition de la FIFA. Elle a fait ses armes lors de compétitions de jeunes et de championnats amateurs, où elle a rapidement compris que l’arbitrage ne se limitait pas à la simple connaissance des Lois du Jeu.
« On doit également être capables de gérer la pression et les foules, afin de pouvoir prendre la bonne décision en temps réel. Je décrirais ma carrière d’arbitre de football comme une aventure, un parcours semé d'embûches. Mais j'ai su avancer en faisant preuve de passion et de persévérance », a confié Sakina, qui officie lors de matchs internationaux depuis 2022. « C’est à ce moment-là que j’ai compris que l’arbitrage était un art noble. C’est un métier qui me permet de voyager et de développer ma personnalité. » Elle ajoute que la FIFA l’a toujours soutenue : « La FIFA a mis énormément de matériel à ma disposition et, je tiens à le souligner, elle m'a aussi apporté un soutien immense pour m'aider à préparer cette compétition. On a récemment suivi des cours en ligne afin de préparer cette compétition, ainsi qu'un suivi physique, ce qui m'a permis d'atteindre les standards de condition physique requis pour le niveau d'élite. » De son côté, la Mauricienne Queency Victoire, ancienne joueuse de l’équipe nationale, s’est tournée vers l’arbitrage après qu'une blessure l'a obligée à mettre fin à sa carrière.
C’était un peu difficile pour moi au début, mais sur le plan personnel, j’ai eu la chance d’avoir des personnes qui ont cru en moi et m’ont encouragée à suivre cette voie car, à cette époque, en 2012, on n’avait aucun arbitre international. J’ai donc fait partie des premières, des pionnières pour ainsi dire, de l’arbitrage mauricien au niveau international. » Elle a pris part à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023™, mais elle confie qu’une sélection pour le Brésil aurait une saveur toute particulière. « Le Brésil, c’est différent, parce que pour moi, c’est le berceau du football. Depuis que je suis toute petite, le football et le Brésil sont un rêve pour moi en tant que joueuse. Alors, avoir la chance d'aller là-bas et de prendre part à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, la plus grande de toutes les compétitions, c’est encore plus fou », a-t-elle conclu.
À l'instar de Queency Victoire, l’officielle de la République kirghize Ramina Tsoi est entrée dans le monde de l’arbitrage presque par hasard. « J’avais tout juste 19 ans, je jouais au football, j’adorais le football. Une coéquipière m’a demandé de venir arbitrer un match de jeunes un dimanche, juste pour gagner un peu d’argent de poche », explique-t-elle. « J’y suis allée, et l’expérience m’a plu. C’est là que j’ai rencontré un assesseur, qui m’a demandé si je voulais devenir arbitre. À ce moment-là, j’ai dû choisir entre continuer à jouer au foot ou devenir arbitre. J’ai choisi l’arbitrage. » Ramina raconte qu’elle voyait davantage d’opportunités en tant qu’officielle de match, notamment en termes de voyages et de rencontres. Comme Queency, elle a été arbitre assistante lors de l’édition 2023 de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. « C’est ma plus belle expérience. Et ça a été pour moi l’occasion de représenter non seulement l’AFC, mais aussi mon pays, le Kirghizistan, sur la scène internationale. Ça restera un moment vraiment très spécial dans ma vie. »
Elle dit vouloir également « inciter les nouvelles générations de [son] pays à devenir arbitres et à faire du sport. Leur montrer que les femmes aussi peuvent... qu’elles peuvent arriver à tout ce qu’elles veulent. » Elle a ajouté : « La FIFA a joué un rôle vraiment majeur dans ma carrière d’arbitre, notamment grâce aux programmes de formation qu’elle propose et en mettant à disposition des outils pédagogiques conçus par les meilleurs formateurs au monde. Et aussi en nous donnant l'opportunité d'officier au plus haut niveau, comme lors de cette Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA.Je suis très reconnaissante pour toutes ces opportunités. Ça m’incite à travailler encore plus dur pour devenir une meilleure arbitre. » Steinhaus estime que la participation à cette compétition offrira aux arbitres une « formidable occasion de se préparer à différents styles et différentes cultures footballistiques ». Elles ont également appris l’importance de l’uniformité des décisions arbitrales lors des compétitions de la FIFA.
« La Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2027 approche à grands pas. C’est ce qui se fait de mieux en matière de football féminin. Les joueuses rêvent d’y aller et d’y participer, mais les arbitres aussi aspirent à en être », a-t-elle ajouté.
« On prépare toutes les officielles de match afin qu’elles appliquent les Lois du jeu de manière uniforme. Peu importe d'où vous venez, les Lois du Jeu doivent être appliquées avec la même cohérence tout au long de ces compétitions et sur l’ensemble des matchs », conclut Steinhaus.