La FIFA et plusieurs parties prenantes clés se sont réunies à Atlanta (États-Unis) pour évoquer des solutions concrètes visant à lutter contre les discours de haine
Intitulé « Mettre fin à la haine, protéger le football – Quelles mesures permettent réellement de lutter contre les discours de haine ? », cet événement met en avant des actions collectives permettant de lutter efficacement contre la discrimination, en ligne comme hors ligne
Le service de modération de la FIFA sur les réseaux sociaux a permis de bloquer plus de 30 millions de publications et commentaires injurieux depuis le coup d’envoi de la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™
En vue de la Journée internationale de la lutte contre les discours de haine, la FIFA, TikTok et la ville d’Atlanta ont réuni plusieurs figures de premier plan (joueurs, joueuses, décideurs politiques, experts en technologie et responsables associatifs) au Centre national pour les droits civils et les droits humains de la ville. Organisée à la veille du match de Coupe du Monde de la FIFA 2026™ qui opposera la Tchéquie à l’Afrique du Sud au Stade d’Atlanta, cette table ronde avait pour objectif de proposer des solutions concrètes visant à mettre fin aux discours de haine, préserver le football et faire en sorte que celui-ci conserve son pouvoir fédérateur.
Intitulé « Mettre fin à la haine, protéger le football – Quelles mesures permettent réellement de lutter contre les discours de haine ? », l’événement entendait proposer plus qu’une simple sensibilisation, en explorant des mesures permettant de lutter concrètement contre la discrimination et le racisme, tant sur le terrain qu’en dehors.
Une coalition pour le changement
La table ronde a permis de mettre en avant différentes perspectives en réunissant des intervenants issus du secteur du sport, de la gouvernance et de la technologie. Étaient notamment présents : George Weah, capitaine honoraire du panel Voix des joueurs de la FIFA et Joueur Mondial de la FIFA 1995 ; Mercy Akide, membre du panel Voix des joueurs de la FIFA et ancienne internationale nigériane ; Candace Stanciel, chargée des retombées de la Ville d’Atlanta ; Eric Ebenstein, directeur des politiques publiques de TikTok Monde ; et David Gerson, mentor et arbitre certifié auprès de la Fédération de Football des États-Unis, membre de l’association Refs Need Love Too.
George Weah a ouvert les discussions en soulignant les problèmes auxquels sont confrontés à l’heure actuelle les joueurs victimes de haine, et en rappelant le rôle unique que peut jouer le football en la matière.
« J’ai parfois l’impression que rien n’a changé depuis que j’ai raccroché les crampons. J’ai moi aussi subi des insultes racistes à une époque où le racisme battait son plein. Et regardez : nous sommes réunis aujourd’hui pour parler de ce problème. Le football n’est pas qu’un jeu, c’est un moyen de se rassembler.
« Beaucoup de facteurs menacent ce sport. Mais le football est un sport de paix, un sport d’unité. Ce que nous essayons de faire ici, avec la FIFA et [le Président de la FIFA] Gianni Infantino, arrive au bon moment. Si nous laissons les choses se dégrader, ça sera la fin de notre sport bien aimé. C’est le sens de notre combat. Nous essayons de faire en sorte que les jeunes deviennent des adultes qui aiment leur prochain, et pas uniquement des personnes qui aiment le football. La discrimination n’a pas sa place dans notre société. »
Animée par Simone Scott, journaliste sportive basée à Atlanta, cette table ronde s’est d’abord penchée sur les formes que prennent les discours haineux aujourd’hui dans le football et la société. Les participants se sont ensuite focalisés sur trois piliers : analyser la façon dont les discours de haine évoluent, en ligne et hors ligne ; identifier les interventions à fortes retombées ; et traduire les engagements institutionnels en résultats mesurables.
« C’était une excellente façon de célébrer comme il se doit la Journée internationale de la lutte contre les discours de haine », a déclaré Candace Stanciel. « La FIFA est très impliquée dans ce combat. C’était donc un véritable honneur pour notre ville d’être reconnue pour son investissement dans la défense des droits humains. « Cette table ronde nous a donné l’occasion de réfléchir aux défis à relever, à l’efficacité des mesures que nous adoptons, ainsi qu’aux engagements que nous pouvons prendre. Et cela vaut pour tout le monde : les joueurs, les joueuses, les arbitres, les municipalités accueillant une compétition ou toute personne désireuse de voir le football montrer un meilleur visage. Grâce à l’expérience internationale d’une organisation comme la FIFA, nous pouvons aborder la question des droits humains en profondeur, car cette question doit être traitée à l’échelle mondiale. »
Mercy Akide a pour sa part déclaré : « Le timing est idéal. C’était très motivant ne serait-ce que d’être là et d’écouter ce que cette communauté – car c’est véritablement une communauté – avait à dire : nous avons besoin de tout le monde pour y arriver. Le simple fait d’être ici aujourd’hui et d’écouter les intervenants m’a donné envie de m’investir davantage. »
Le service de modération de la FIFA sur les réseaux sociaux – qui surveille et intercepte en temps réel les propos injurieux en ligne afin de protéger les joueurs, joueuses, équipes et officiels – était au cœur des discussions.
Depuis son lancement, le service de modération sur les réseaux sociaux offre une protection complète lors de chaque compétition et événement majeur de la FIFA. Ainsi, plus de 250 millions de commentaires et publications ont été analysés, ce qui a permis de recenser plus de 30 millions de contenus à caractère haineux.
Le service restera pleinement opérationnel tout au long de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™, offrant une protection numérique proactive à l’ensemble des participants. Depuis le coup d’envoi de la compétition, le 11 juin, plus de 3,8 millions de commentaires et publications ont été analysés, dont 388 000 ont été supprimés après avoir été identifiés comme préjudiciables. À titre de comparaison, 287 000 publications et commentaires avaient été supprimés lors de l’édition 2022.
La réunion tenue à Atlanta s’inscrit dans le cadre de la mobilisation mondiale contre le racisme, une initiative plus large de la FIFA. Celle-ci propose un cadre global destiné à initier un changement systémique en se focalisant sur la sensibilisation dans le football de base, l’implication des supporters et la mise à disposition de ressources adaptées aux contextes locaux pour les fédérations de football du monde entier.
L’événement s’est achevé par une cérémonie d’engagement officielle. Afin que les paroles prononcées à cette occasion prennent la forme de mesures concrètes, chaque intervenant s’est engagé à mener des actions spécifiques et adaptées à son contexte local, en écho au message clé de la journée : l’éradication des discours de haine repose sur la responsabilité collective et un engagement durable à tous les niveaux du football.