123 diplômés de 100 associations membres de la FIFA célébrés en tant que nouveaux « FIFA Guardians » lors d'un sommet historique sur la prévention
Le Président de la FIFA, Gianni Infantino, souligne l'importance pour le football d'être un « environnement sûr »
Le Secrétaire Général de la FIFA adresse également des messages de félicitations aux nouveaux diplômés
Le deuxième Sommet de la FIFA sur la prévention, qui a réuni environ 170 participants, dont des experts de l'UNICEF, de l'UNESCO et du Conseil de l'Europe, s'est concentré sur la nécessité de renforcer le « devoir de diligence » envers les personnes risquant de subir des préjudices dans le cadre de leurs activités footballistiques. L'événement, qui s'est tenu au siège de la FIFA à Zurich, en Suisse, a également été l'occasion de célébrer la remise des diplômes d'une nouvelle promotion mondiale de 123 référents en matière de prévention.
En ouvrant l'événement, le Président de la FIFA, Gianni Infantino, a souligné que le cadre de protection du jeu est fondamental pour son succès. « Le football n'est capable de jouer ce rôle inclusif incroyable que si on garantit que le jeu, qu'il soit pratiqué dans un parc, sur une plage, dans une ligue locale ou dans les plus grands stades du monde, se déroule dans un environnement sûr pour tous », a-t-il déclaré dans un message vidéo.
M. Infantino a rappelé aux 123 diplômés issus d'environ 100 associations membres (AM) de la FIFA leur mission vitale : « Vous êtes désormais officiellement des «FIFA Guardians». Je suis certain que vous avez conscience de la grande responsabilité qui vous incombe désormais en tant que champions de la prévention dans vos communautés », a-t-il ajouté.
Le point d'orgue du sommet a été la cérémonie de remise des Diplômes FIFA Guardians de prévention en faveur des enfants dans le football, une qualification professionnelle développée en partenariat avec l'Open University. Cette deuxième promotion a suivi un programme exigeant de 18 mois comprenant : cinq cours en ligne totalisant plus de 70 heures d'apprentissage, une série de cinq webinaires et deux travaux écrits, ainsi que des ateliers résidentiels intensifs organisés à St George’s Park (Angleterre), Rabat (Maroc) et Asunción (Paraguay).
Depuis le lancement du programme en janvier 2021, sa portée s’est étendue de manière exponentielle, avec près de 50 000 personnes dans le monde inscrites en tant qu'apprenants libres pour au moins un cours. Pour accentuer cet impact mondial, le programme d'études a récemment été traduit en arabe et en portugais, s'ajoutant aux versions existantes en anglais, français et espagnol.
Marie-Laure Lemineur, cheffe du département Protection et prévention à l’égard des enfants de la FIFA, a noté que le nombre croissant d'inscriptions montre une adhésion grandissante de l'écosystème du football.
« Il y a une prise de conscience croissante qu'il s'agit d'un sujet important. On l’observe au niveau des pays, des confédérations, mais aussi à l’échelle régionale, sous-régionale et au sein de la FIFA elle-même », a-t-elle déclaré.
« Si vous voulez progresser en tant que professionnel dans le domaine du football, même s'il ne s'agit pas d'une responsabilité directe en tant que référent de prévention, si vous êtes entraîneur, arbitre ou même membre du personnel d'une fédération, il est crucial d'être sensibilisé à l'élément de prévention. C'est la notion de base qui consiste à prévenir les préjudices et à y répondre, afin de travailler efficacement avec vos collègues pour instaurer cette culture de la prévention. »
Le sommet a souligné que la prévention s'étend à chaque participant au jeu, y compris ceux qui sont souvent oubliés. Hiroshi Yamauchi, chercheur et instructeur japonais, a évoqué l'importance de la prévention pour les arbitres. « Quand on travaille avec les jeunes arbitres, on s'aperçoit qu'ils luttent parfois parce qu'ils subissent des abus de la part des entraîneurs, des joueurs ou même des spectateurs », a-t-il observé.
Sainey Sissohore M’Boge, ancienne joueuse internationale gambienne et professionnelle de la prévention, a expliqué comment le programme aide les praticiens à identifier les obstacles et à favoriser la santé mentale des jeunes athlètes. « La prévention est quelque chose qui est en vous. Le message est que tout le monde est un Guardian », a-t-elle déclaré.
Les diplômés ont également insisté sur l'importance du travail de prévention permettre la mise en place de conditions limitant les risques de problèmes.
« Pour moi, la partie la plus importante de ce programme est la prévention. C’est un travail de l’ombre », a déclaré Marcos Tinoco, Secrétaire Général de la Fédération de Football des Îles Caïmans. « On ne peut pas évaluer le nombre de cas ou de personnes qu’on protège et qu’on aide, mais la prévention est primordiale. »
Le sommet a également abordé la grave question de la traite des êtres humains. L'entraîneur Jimmy Jeoboam, cofondateur de la Kampos Saint-Denis Académie, a souligné la nécessité d'éduquer et de former à tous les niveaux pour lutter contre le fléau de la traite et de l'exploitation dans le football.
« Les corrupteurs, les agents douteux et certains présidents qui nuisent à notre sport doivent être combattus. On a besoin de l'aide de la FIFA et de nos cadres dirigeants pour les combattre, protéger les enfants et développer le jeu là où ils se trouvent », a-t-il affirmé.
« Ce n’est pas toujours facile, mais les revenus du football devraient être utilisés pour le bien-être des enfants. Pour ça, les dirigeants, les entraîneurs et les éducateurs doivent être formés et bénéficier de conditions adaptées, car ce sont eux qui travaillent quotidiennement avec les enfants. »
Johanna Wood, membre du Conseil de la FIFA et elle-même ancienne diplômée, a assuré les nouveaux « FIFA Guardians » du soutien durable de l'organisation, tandis que le Secrétaire Général de la FIFA, Mattias Grafström, a ajouté dans un message vidéo : « Le travail que vous accomplissez contribue à garantir que le football reste un lieu sûr pour tous ; vous aidez à protéger les valeurs de notre sport. »