FIFA
dimanche 21 juin 2026, 05:00

Le bus orange : aux côtés des supporters néerlandais depuis 22 ans

  • Le légendaire bus à deux étages accompagne les déplacements des Oranje dans le monde entier depuis plus de vingt ans

  • Son conducteur, Frans Peeters, en est à sa cinquième édition de la Coupe du Monde de la FIFA™ à bord du bus

  • La fameuse marée orange se répand sur Houston

Samedi matin. Quelque 15 000 supporters néerlandais se rassemblent à l’université Rice de Houston. Les drapeaux flottent, les chants résonnent dans les rues et, en tête du cortège, le célèbre bus orange roule bon train en direction du NRG Stadium. La petite frayeur de jeudi semble complètement oubliée.

En effet, deux jours plus tôt, un problème technique avait brièvement immobilisé le légendaire bus à impériale, un petit moment digne de la célèbre réplique « Houston, on a un problème » dans la ville de l’astronautique. Mais réparé à temps pour le grand rendez-vous, le bus ouvre la grande marche des supporters à travers Houston, où les Pays-Bas écraseront la Suède 5-1 quelques heures plus tard. Son épopée n’est pas près de s’arrêter.

Un bus qui traverse les mers et océans

Depuis 22 ans, le bus orange et son chauffeur accompagnent la délégation néerlandaise autour du globe. La Coupe du Monde de la FIFA 2026™ marque sa cinquième campagne. Allemagne, Afrique du Sud, Brésil, Qatar et maintenant Amérique du Nord... Les Oranje ne montent jamais sur la scène mondiale sans leur porte-bonheur à deux étages.

« Partout où on va, il y a des danses, des chants et des éclats de rire », se réjouit Frans Peeters. « On apporte la joie et le sourire aux gens. On est tous une grande famille. »

Le bus a entamé son odyssée peu avant l’EURO 2004 de l’UEFA. Un groupe d’amateurs de football achètent alors un vieux bus anglais qu’ils repeignent aux couleurs des Pays-Bas. De fil en aiguille, cette petite fantaisie entre amis est devenue un monument de la culture supportariale néerlandaise. Ce grand infatigable a aujourd’hui parcouru plus de 70 000 kilomètres sur mer et quelques dizaines de milliers d’autres sur la terre ferme. Plus de 450 000 supporters l’auraient suivi dans plus de 60 marches.

Pour Peeters, le bus est depuis longtemps bien plus qu’un simple véhicule.

« Il n’y a pas d’autre bus sur terre qui suive son équipe nationale partout où elle va », s’enorgueillit-il. « Cela demande du temps, de l’argent et parfois, les nerfs sont mis à rude épreuve. Mais ça ne nous arrêtera pas. »

Netherlands v Sweden: Group F - FIFA World Cup 2026

Le bus en tête, un cortège immense défile dans Houston. Tous ne sont pas néerlandais, de nombreux habitants de la ville hôte ont rejoint le mouvement.

On y voit Paul Hirschel et Caroline Dessing, deux supporters de Rotterdam, déguisés en versions orange de la Statue de la Liberté. « Elle incarne la liberté, l’amitié et l’entente entre les peuples », explique Dessing. « Ce sont des valeurs chères à la communauté du football des Pays-Bas. »

Plus qu’une simple marche

Sur l’impériale, on aperçoit également les FIFA Legends Wesley Sneijder et Edwin Van der Sar, tous deux au centre de l’action.

« On ne s’ennuie jamais », a confié Sneijder au média néerlandais NOS. « Il n’y a pas que des supporters des Pays-Bas. Des gens d’ici viennent aussi faire la fête avec nous. Partout où jouent les Oranje, on sait que ce cortège sera là. C’est devenu une vraie tradition. »

Cette atmosphère impressionne également Chris Canetti, président du comité organisateur de la ville de Houston. « Les supporters néerlandais apportent avec eux une énergie incroyable dans notre ville », se réjouit-il. « Houston est fière d’accueillir la tradition de supporter la plus connue du football mondial. »

« Aux Pays-Bas, les joueurs et leur public ont une relation toute particulière », explique Marianne van Leeuwen, responsable du football professionnel à la Fédération Néerlandaise de Football. « Cette communion crée une ambiance unique qu’on est ravis de retrouver à chaque compétition. »

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Le football unit le monde

Pour Peeters, la mission du bus orange va bien au-delà du football. Quand on lui demande son plus beau souvenir, il répond sans hésiter. Il remonte à l’EURO 2012 de l’UEFA, en Ukraine.

« Les gens là-bas étaient assez réservés au début », relate-t-il. « Après le premier match, on les a vus esquisser un sourire. Après le deuxième, ils étaient encore un peu plus expressifs. Et après le troisième, ils défilaient avec nous vers le stade en chantant et en dansant. C’était un peu comme une fleur qui se déplie lentement. »

Cette anecdote met en évidence le pouvoir qu’a le bus de réunir les uns et les autres au-delà des différences de langue, d’origine ou de culture.

C’est ainsi qu’à Houston, les riverains ont acclamé le passage des supporters, voire se sont joints au défilé. « C’est impressionnant de voir tous ces gens issus de tellement de cultures différentes rassemblés ici », commente Noe Contreras, habitant de Houston. « C’est cela qui rend cette compétition si unique. »

« On est le douzième joueur de notre équipe », lance Peeters. « Pour le meilleur et pour le pire. »

Le bus orange arrive finalement devant le NRG Stadium suivi de sa légion. Ce jour-là, les Pays-Bas auront fait plus que jouer au football. Ils auront fait découvrir à Houston une tradition qui réunit les peuples depuis plus de vingt ans. Et la ville de se parer d’orange pour l’occasion.