Jill Ellis, directrice du Football de la FIFA : « Le football féminin a pris son essor »
Pour Ellis, le football féminin doit être considéré comme une opportunité, pas une obligation
Le directeur du Développement du football mondial de la FIFA, Arsène Wenger, appelle à mettre davantage l’accent sur les jeunes talents
Lors de leur intervention respective devant le 767676, Jill Ellis, directrice du Football de la FIFA, et Arsène Wenger, directeur du Développement du football mondial de la FIFA, ont souligné la nécessité de renouveler l’engagement à investir dans le football féminin et la formation des jeunes.
Ellis et Wenger, deux anciens entraîneurs de haut niveau qui ont chacun remporté de nombreux titres, ont souligné que l’avenir de ce sport dépendait d’un leadership audacieux et d’un engagement en faveur de parcours structurés au profit de la prochaine génération de joueurs.
Ancienne sélectionneuse de l’équipe nationale féminine des États-Unis, Jill Ellis a présenté de solides arguments en faveur du développement du football féminin, présentant la poursuite de ce dernier comme une nécessité stratégique plutôt que comme une simple obligation.
« Les dirigeants qui réussissent le mieux n’attendent pas que les conditions soient idéales. Ils ou elles savent saisir les occasions qui se présentent et agir avec détermination », a déclaré Ellis. « Le football féminin offre justement cette opportunité. Les chiffres confirment ce que tout le monde sait déjà. Deux milliards de personnes ont suivi la dernière Coupe du Monde Féminine de la FIFA. Plus d’un million de Brésiliens ont regardé le match Corinthians–Arsenal en finale de la Coupe des Champions Féminine de la FIFA. Le mois dernier, 75 000 spectateurs étaient présents pour la finale de la Coupe d’Asie féminine de l’AFC. Ce ne sont pas seulement des chiffres, ce sont des signaux. Le public est là, et la demande est réelle.
Ellis, qui a remporté deux Coupes du Monde Féminine de la FIFA en tant que sélectionneuse de l’équipe nationale des États-Unis, a également déclaré qu’il fallait remettre en question l’idée reçue selon laquelle le football féminin n’est pas une priorité majeure.
« Le football féminin a pris sa place au cœur d’un projet plus large : faire du football un sport véritablement mondial », a-t-elle déclaré.
« Pour certains, le football féminin est encore considéré comme une obligation. Cet état d’esprit freine toute progression, en plus de passer à côté de l’essentiel. Investir dans le football féminin n’est pas une obligation, mais l’une des décisions les plus intelligentes qui soient : sur le plan économique, sur le plan sportif et pour votre identité nationale. »
« Les amateurs de football ne célèbrent pas les hommes ou les femmes : ils célèbrent des accomplissements extraordinaires qui rassemblent les peuples. »
Évoquant la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2027, qui se déroulera pour la première fois en Amérique du Sud, avec le Brésil en qualité d’organisateur, Ellis a exhorté les dirigeants du football du monde entier à saisir cette occasion.
« Les fédérations qui saisissent cette opportunité aujourd’hui seront les championnes de demain. Celles et ceux qui investissent, qui construisent et qui croient en leur projet remporteront les trophées et entreront dans l’histoire », a-t-elle déclaré. « Faites preuve d’audace. et misez sur l’avenir du football féminin. »
Arsène Wenger a fait le point sur le Programme de développement des talents de la FIFA, expliquant que 193 associations membres de la FIFA participent à ce programme, qui soutient actuellement 600 projets de développement des talents personnalisés à travers le monde, ainsi que 55 académies FIFA en activité.
L’ancien entraîneur légendaire d’Arsenal a souligné que tout succès sur la scène internationale est impossible sans un système de formation complet. « Le football mondial nous a appris que tous les pays qui réussissent disposent d’un parcours complet de formation des talents, de football de jeunes vers le haut niveau – c’est indispensable pour réussir », a-t-il déclaré.
Arsène Wenger a notamment souligné la nécessité de s’occuper des joueurs dès leur plus jeune âge afin de s’assurer qu’ils soient préparés au football moderne sur les plans physique et mental. Il a fait état d’importants écarts au niveau des structures actuelles, soulignant que seulement 14% des pays organisent régulièrement des compétitions U-12.
« Nous voulons élargir ce vivier et organiser régulièrement des compétitions [U-12] à ce niveau partout dans le monde », a-t-il expliqué.
Cette vision prévoit ainsi le lancement des tournois U-15 de la FIFA au format festival, qui, selon Wenger, sera « une expérience extrêmement enrichissante pour les jeunes du monde entier, qui pourront ainsi commencer à jouer ensemble ».
En parallèle, Wenger espère aussi aider plus de pays à faire émerger une nouvelle génération de talents, en garantissant aux joueurs prometteurs de 12 ans et plus une fréquence d’entraînement de six à sept séances hebdomadaires dans tous les pays.