L'incroyable revers (6:0) subi par le Nigeria face au Japon constitue sans aucun doute l'une des plus grosses surprises de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, Papouasie-Nouvelle-Guinée 2016. Finalistes malheureuses de l'édition 2014, les Africaines ont concédé à cette occasion la plus lourde défaite de leur histoire dans cette compétition.
"Je ne sais pas comment une telle chose a pu se produire", confie l'attaquante Chinwendu Ihezuo à FIFA.com. "Nous n'avons pas montré de quoi nous sommes capables. Nous avons encaissé des buts faciles. Si nous devions affronter à nouveau les Japonaises, le match serait complètement différent. Elles n'auraient sûrement pas la partie aussi facile." Quoi qu'il en soit, les Nigérianes doivent maintenant gérer les conséquences de ce naufrage.
Leurs supporters ont sans doute craint le pire quand la Canadienne Gabrielle Carle a ouvert le score, 15 minutes après le coup d'envoi du duel entre les deux équipes pour le compte de la deuxième journée. Sur le coup, les Super Falconets ont semblé un peu décontenancées, mais les internationales les plus expérimentées comme Ihezuo ont vite remobilisé les troupes. "J'ai dit à mes coéquipières que nous pouvions encore gagner. Il ne fallait surtout pas renoncer. Je dois montrer l'exemple sur le terrain. Nous avions davantage de vécu en 2014. Cette fois, il y a plus de jeunes joueuses au sein du groupe. Pour autant, nos adversaires auraient tort de nous sous-estimer." Deux buts de part et d'autre de la mi-temps ont permis au Nigeria d'inverser la tendance, avant qu'Ihezuo ne mette définitivement les siennes à l'abri (3:1).
Ihezuo a fait ses premiers pas de footballeuse dans les rues d'Ajegunle, un quartier de Lagos dont sont issus beaucoup de grands noms du football nigérian comme Samson Siasia, Taribo West ou Emmanuel Amunike. "J'ai commencé à jouer très tôt et je me suis rendu compte que j'avais du talent. En m'entraînant systématiquement avec des garçons, j'ai progressé beaucoup plus rapidement. Quand je me suis retrouvée face à des filles de mon âge, j'avais déjà un temps d'avance."
Naufrage salutaire ? La benjamine d'une famille de huit enfants dispute son quatrième tournoi mondial en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Après deux échecs en quarts de finale Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA (2012 et 2014), elle a été battue en finale de la Coupe du Monde Féminine U-20 au Canada par l'Allemagne (1:0). Ihezuo détient toutefois le record du nombre de buts dans un match de Coupe du Monde Féminine U-17. Auteure d'un quintuplé lors de l'écrasante victoire (11:0) de son équipe sur l'Azerbaïdjan, elle s'était adjugé le Soulier d'Argent adidas du tournoi en 2012.
Cette fan de Cristiano Ronaldo a fait ses premières armes à Calabar, le club le plus titré du Nigeria. Elle a ensuite passé deux saisons avec les Delta Queens, avant de prendre la direction du Kazakhstan. Arrivée au Klub BIIK Kazygurt en 2016, elle a déjà inscrit 16 buts en 20 matches et fait des débuts remarqués en Ligue des champions féminine de l'UEFA. "C'est une belle opportunité pour moi. J'ai beaucoup appris là-bas. En Ligue des champions, j'ai croisé de très grandes joueuses, dont j'aurais tout intérêt à m'inspirer."
Dimanche, un nouveau défi l'attend : le Nigeria donnera la réplique à l'Espagne, l'une des équipes les plus en vue depuis le début de la compétition. Les vice-championnes d'Europe ont déjà battu le Canada et le Japon et présentent une différence de buts largement favorable (6:0). "Nous allons nous concentrer sur nous-mêmes et sur notre jeu. Les Espagnoles ont battu les Japonaises. Elles sont très fortes. Nous allons devoir nous servir de tout ce que nous avons appris. Si nous y parvenons, nous pouvons faire la différence."
Réflexion faite, les débuts chaotiques du Nigeria sont peut-être de bon augure. En 2014, les Super Falconets avaient été tenues en échec (1:1) par le Mexique, avant de prendre leur envol vers la finale. Bien entendu, Ihezuo ne serait pas fâchée de reproduire cette belle série : "Tout ce qui compte pour nous, c'est le titre. Rien d'autre ne nous intéresse".