lundi 23 mars 2026, 13:00

La FIFA, l’ONUDC et des législateurs du monde entier unis dans la lutte contre le racisme

  • Des législateurs, responsables politiques et représentants des forces de l’ordre ainsi que de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime se sont réunis au siège de la FIFA pour actualiser les cadres juridiques et politiques en vue de lutter plus efficacement contre le racisme dans le football

  • Le Président de la FIFA, Gianni Infantino, a rappelé le rôle essentiel des joueurs, de la réglementation et de l’éducation pour faire bouger les lignes

  • Membres du panel Voix des joueurs de la FIFA, Mercy Akide et Mikaël Silvestre étaient également présents pour faire part de leur expérience et mettre en avant la nécessité d’accompagner les victimes de racisme ainsi que de faire preuve de solidarité

Législateurs du monde entier et parties prenantes du football étaient réunis la semaine dernière au siège de la FIFA, à Zurich (Suisse), pour une audition d’experts de deux jours. L’objectif : renforcer les mesures de justice pénale en vue de lutter contre le racisme dans le football.

Organisée conjointement par la FIFA et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), cette réunion destinée à renforcer les mesures de justice pénale en vue de lutter contre le racisme dans le football constitue la dernière étape en date d’une collaboration formalisée en 2023 par la signature d’un protocole d’accord. Celui-ci vise à renforcer la coopération internationale, élaborer des orientations politiques détaillées et doter les gouvernements des outils nécessaires pour lutter plus efficacement contre les discriminations.

Tenue en parallèle de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, l’audition d’experts s’inscrit dans le cadre de la mobilisation mondiale contre le racisme dans le football de la FIFA. Elle témoigne de la volonté commune de l’ensemble des parties prenantes concernées de contribuer à générer un changement significatif et durable à tous les niveaux du football.

FIFA and UNODC Expert Group Hearing

Les discussions ont porté sur la nécessité de définir des cadres juridiques et politiques plus solides dans le monde entier, et mis l’accent sur le renforcement des capacités des systèmes de justice pénale ainsi que sur le développement de réponses centrées sur les victimes. Les personnes participantes ont par ailleurs abordé la question persistante du manque de signalement, en particulier dans le football de base, où une culture du silence continue de contrecarrer les efforts destinés à lutter contre les discours de haine.

Le groupe a néanmoins souligné les progrès réalisés à ce jour, mentionnant notamment les mécanismes de signalement déployés lors des compétitions de la FIFA et le service de modération sur les réseaux sociaux – deux mesures proactives mises en avant par les parties prenantes externes –, ainsi que les sanctions plus sévères prévues par l’article 15 du Code disciplinaire de la FIFA.

Présent lors de l’événement, Gianni Infantino, le Président de la FIFA, a réaffirmé le rôle du football comme moteur de changement social. « Je tiens à rappeler la nécessité d’une prise de conscience et l’importance de doter les législations nationales de cadres permettant de s’attaquer aux problèmes du racisme et de la discrimination. Bien entendu, l’éducation et la coopération entre pairs constituent également des outils essentiels pour intérioriser la notion de respect mutuel et les bonnes pratiques, et le football peut sans aucun doute jouer un rôle de catalyseur à cet égard », a-t-il déclaré.

« Nous pouvons faire une réelle différence grâce au panel Voix des joueurs de la FIFA – qui réalise un travail fantastique – car les joueurs et joueuses sont vus comme des modèles et leur voix est entendue dans le monde entier. En outre, la campagne No Racism de la FIFA contribue à sensibiliser aux effets dévastateurs du racisme. Nous avions présenté notre mobilisation mondiale contre le racisme lors du Congrès de la FIFA de 2024, et poursuivons depuis notre travail en la matière. Je tiens d’ailleurs à remercier toutes les personnes présentes aujourd’hui, ainsi que tous nos partenaires et toutes les parties prenantes pour leur soutien et leur contribution à cette cause essentielle. »

Membres du panel Voix des joueurs, Mercy Akide et Mikaël Silvestre ont témoigné de cas de discrimination raciale vécus personnellement, aussi bien dans le football que dans la société en général, et souligné les efforts déployés pour soutenir les joueurs et joueuses en activité victimes de discrimination.

Mikaël Silvestre a insisté sur l’importance d’une approche coordonnée et internationale : « Cela nous a ouvert les yeux sur l’aide à apporter aux victimes et sur la manière de repenser l’ensemble de l’écosystème du football. Car cela ne s’arrête pas à la FIFA et aux fédérations : il y a aussi les clubs, les supporters, les médias, les sponsors... Il y a énormément d’acteurs. Je pense qu’il est possible de mettre en place un cadre au sein duquel nous pourrons à la fois aider les pays ayant besoin d’accompagnement et apprendre de ceux qui sont plus avancés. Je suis très optimiste quant à notre capacité à faire bouger les lignes, même si faire évoluer les lois prend du temps et qu’il faut garder à l’esprit les différences législatives et culturelles. »

Pour sa part, Mercy Akide a mis en avant les traces que laisse le racisme et la nécessité de protéger les générations futures : « L’expérience a été encourageante pour mes collègues du panel Voix des joueurs et moi-même. Il y a eu des améliorations, mais le chemin est encore long. Nous avons contacté les joueurs et joueuses pour qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls, que nous les voyons et que nous comprenons ce qu’ils endurent. Le football de haut niveau occupe le devant de la scène, mais le football de base est touché lui aussi. Or, nous devons faire en sorte que les jeunes continuent à aimer le football : ils sont l’avenir de notre sport. Je suis donc fière de me tenir aux côtés de la FIFA et de l’ONUDC pour mettre fin au racisme. »

FIFA and UNODC Expert Group Hearing

L’événement a également abordé la nécessité de s’attaquer à la culture du silence, en particulier dans le football de base où l’absence de signalement entrave considérablement les efforts de lutte contre les discours de haine. Le groupe d’experts a salué le travail de la FIFA dans ce domaine, notamment la mise en place de mécanismes de signalement accessibles à l’ensemble des parties prenantes (joueurs, joueuses, officiels, membres du personnel et spectateurs) lors des compétitions et événements.

Les échanges ont mis en évidence les conséquences profondes du racisme sur le bien-être et les performances, la peur de prendre la parole et la nécessité de faire entendre sa voix pour parvenir à des solutions efficaces. Responsable de l’équipe Accélérer la justice, Anna Giudice s’est exprimée au nom de l’ONUDC : « Bien qu’on y soit beaucoup plus attentifs et que les langues se délient, la stigmatisation et la peur restent très présentes. Pourtant, la honte devrait être du côté des auteurs des faits de discrimination. »