Jakob Alberti a traversé à vélo pas moins de 27 pays et quatre continents en l’espace de 21 mois
Le jeune homme de 26 ans a terminé son périple de plus de 25 000 kilomètres juste à temps pour arriver à la Coupe du Monde de la FIFA 2026™
Après avoir surmonté des inondations en Thaïlande, dormi à la belle étoile dans le désert et fait de nombreuses rencontres, il s’apprête à suivre l’Allemagne dans cette Coupe du Monde
Jakob Alberti laisse reposer son vélo contre une clôture pour contempler le Stade de Houston, où l’Allemagne entamera dimanche sa campagne en Coupe du Monde de la FIFA 2026™. Pour la plupart des supporters, le trajet n’est pas la partie la plus intéressante de leur séjour. Mais pour Alberti, c’est toute son histoire.
Pour se rendre dans la ville texane, le jeune homme de 26 ans, originaire de Karlsruhe, a déjà parcouru 25 000 kilomètres, traversant 27 pays et quatre continents. Il a entamé son périple il y a près de deux ans afin de ne pas manquer la grand-messe du football mondial. « C’est sans doute le trajet le plus long jamais emprunté pour se rendre à la Coupe du Monde ! », plaisante-t-il.
Pourtant, peu de ses proches ont initialement cru en son projet...
Un tour du monde à vélo
L’idée lui est venue des années auparavant, alors qu’il regardait la télévision avec sa mère. Il est alors tombé sur un documentaire sur le parcours d’un cyclotouriste en Afrique. « J’ai toujours trouvé les voyages fascinants », raconte Alberti. « J’ai été séduit par la liberté que l’on ressent à vélo, et par les endroits qu’on peut découvrir. »
Après avoir suivi des études en commerce international et en gestion internationale, il a travaillé plusieurs années dans le domaine du marketing et de la vente. En parallèle, il a mis de l’argent de côté pour sa grande aventure.
Le 18 août 2024, il a dit au revoir à sa famille, et est parti de Karlsruhe. Son objectif était simple : rouler vers l’est et finir par rentrer chez lui. Il a pris soin de ne pas tout planifier dans les moindres détails. « J’avais juste pour idée de rouler vers l’est. La suite est arrivée d’elle-même, en cours de route. »
Son itinéraire l’a conduit à travers l’Autriche, les Balkans, la Turquie, les Émirats arabes unis, l’Inde, la Thaïlande, l’Australie et enfin aux États-Unis. Il a dû adapter régulièrement son itinéraire en fonction de la situation politique, des réglementations frontalières ou des conseils d’autres voyageurs. Et comme si parcourir 25 000 kilomètres à vélo ne suffisait pas, Alberti a également couru un marathon dans chaque pays qu’il a visité...
Des rencontres inoubliables
À sa surprise, ce ne sont pas les paysages ni les distances qui l’ont le plus impressionnés, mais les gens qu’il a rencontrés. « Presque partout, j’ai été accueilli très chaleureusement », raconte Alberti. « Les gens m’ont proposé à manger, à boire, et même un endroit où passer la nuit. »
Son étape en Inde a été particulièrement marquante, car on l’a énormément sollicité pour des selfies. En Thaïlande, il a dû faire face à un tout autre défi : d’importantes inondations avaient rendu les routes impraticables et l’avaient contraint à passer une semaine dans une station-service.
« J’avais parfois de l’eau jusqu’aux hanches », se souvient-il. « Mais les gens sur place sont restés tellement positifs... Chaque jour, on m’invitait à manger. Je n’oublierai jamais cette gentillesse. »
Tout au long de son périple, il avait sur le dos le maillot de son club de cœur, le Karlsruher SC. En Thaïlande, il s’est même retrouvé dans un bar de supporters du KSC, sur l’île de Koh Samui. « Ressentir cette appartenance au milieu de supporters vivant à l’autre bout du monde, c’était vraiment spécial. »
Une arrivée juste à temps
Alberti a désormais atteint l’un de ses objectifs majeurs. Il est arrivé à Houston à temps pour les débuts de l’Allemagne lors de cette Coupe du Monde, contre Curaçao. Bien sûr, il a un avis bien tranché sur le classement final de la Mannschaft dans la compétition. « On sera champions du monde », dit-il sans hésiter. « Après presque deux ans sur mon vélo, je ne me vois pas dire autre chose ! »
Quelle que soit le parcours de l’Allemagne, le sien est loin d’être terminé. Après la Coupe du Monde, Alberti a prévu de poursuivre son périple le long de la côte est des États-Unis, en Afrique du Nord et le sud de l’Europe. Et enfin, il rentrera en Allemagne.
La boucle sera bouclée lorsqu’il posera son vélo devant la Pyramide de Karlsruhe, là où tout a commencé. D’ici là, il continuera d’accumuler des kilomètres, des souvenirs et des anecdotes. Car si son voyage lui a appris quelque chose, c’est que les plus belles expériences se vivent souvent là où on s’y attend le moins.