FIFA
vendredi 07 septembre 2007, 14:05

D’une légende à l’autre

Lorsque Sun Wen, l'ex-capitaine de la sélection chinoise, a retrouvé l'équipe nationale fin 2005 après deux années d'absence pour blessure, elle a reçu les encouragements chaleureux de son amie de longue date, Kristine Lilly, véritable pilier de la sélection américaine. Moins de deux ans plus tard, la pimpante Américaine est sur le point d'inscrire son nom au palmarès du football féminin en s'imposant comme l'unique joueuse ayant participé aux cinq Coupes du Monde Féminines de la FIFA. Sun Wen devra, quant à elle, se contenter de suivre la compétition des tribunes, après avoir mis un terme, l'année dernière, à sa brillante carrière.

"La force à la fois physique et mentale de Lilly fait rêver mais je ne suis pas jalouse pour autant, bien au contraire," confie Sun Wen à FIFA.com. "J'espère de tout cœur qu'elle impressionnera une fois de plus le public lors de la toute prochaine Coupe du Monde."

La Chine et les Etats-Unis, précurseurs du football féminin, ont vu leur route se croiser à plusieurs reprises, mais la rivalité sportive les opposant a rapidement laissé place à une grande amitié entre les deux formations. C'est ainsi que Sun Wen s'est liée d'amitié avec plusieurs joueuses américaines, dont Lilly.

Un modèle à suivre L'amitié entre Lilly et Sun est née en 2001 alors que cette dernière jouait dans les rangs de l'équipe américaine Atlanta Beat. "Lilly n'est que de deux ans mon aînée mais, pour moi, elle a toujours été un modèle, reconnaît la légende chinoise. Mais je n'ai pas pu suivre ses traces en raison de mes blessures."

Pendant près de dix ans, Sunny, l'une des meilleures buteuses au monde, a été à la tête des Roses d'Acier lors des quatre éditions précédentes de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA. Malheureusement, des blessures à répétition l'ont tenue éloignée des terrains. "A l'instar des voitures qui doivent être régulièrement révisées, les footballeurs ont eux aussi besoin de repos, loin du stress et de la pression du jeu. C'est une condition indispensable à la pérennité d'une carrière dans ce sport, explique-t-elle. Lilly et ses coéquipières s'y sont mieux prises que nous pour gérer travail et repos : c'est pour cela qu'elles ont maintenu leur forme aussi longtemps."

Au lendemain d'Etats-Unis 2003, l'absence de Sun Wen s'est faite cruellement sentir au sein de l'équipe nationale. Lorsque l'ex-sélectionneur Ma Liangxing a pris les rênes de l'équipe, il y a deux ans, il s'est immédiatement attelé à convaincre l'ancienne capitaine de reprendre du service. "Nombre de mes coéquipières m'ont encouragée à remettre les crampons et, bien souvent, elles me comparaient à mon amie Lilly. Lorsque j'ai retrouvé mon équipe pour le Tournoi des Quatre Nations début 2006, Lilly est venue en personne me féliciter, rappelle-t-elle. Nous avons eu une grande discussion et nous nous sommes donné rendez-vous pour la Coupe du Monde 2007."

Les blessures des mois qui suivirent en ont décidé autrement et Sun Wen n'eut d'autre alternative que de raccrocher les crampons. "Je regrette vraiment de devoir manquer mon rendez-vous avec Kristine : je lui souhaite beaucoup de plaisir et de réussite dans cette compétition."

Une nouvelle vie Malgré sa retraite, l'attaquante chinoise n'est jamais restée très éloignée des terrains. Alors que la Chine accueille pour la seconde fois l'épreuve féminine reine, Sun Wen profite de son nouveau statut d'Ambassadrice de la FIFA pour le football féminin.

"Etant donné mon expérience acquise au cours des éditions antérieures, je me réjouis des énormes progrès réalisés par le football féminin mondial. Lors de la toute première édition de la compétition, seules quelques équipes sortaient du lot : aujourd'hui, les 16 équipes qualifiées sont des adversaires de taille et toutes ont leur chance."

Selon Sun Wen, le titre se jouera entre les traditionnels poids lourds de la compétition. "L'Allemagne (vainqueur de l'édition 2003) et les Etats-Unis (vainqueurs en 1991 et 1999) sont indiscutablement les deux principaux favoris pour le titre, mais il faudra également surveiller le Brésil, la Suède et la Norvège, qui sont eux aussi de sérieux aspirants au titre."

Après avoir porté la Chine en finale lors d'USA 1999 (son équipe s'inclina aux tirs au but face aux Etats-Unis), le Ballon d'Or et Soulier d'Or adidas de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA attend des Roses d'Acier nouvelle génération qu'elles fassent aussi bien que leurs aînées. "Il est vrai que l'équipe est en pleine progression avec sa nouvelle entraîneuse, Marika Domanski-Lyfors, mais le manque d'expérience ne compromet nullement notre place au sein de l'élite du football mondial. Mêler jeunesse et expérience : voici le secret qui fera la fierté de notre pays", conclut-elle.