FIFA
mercredi 10 août 2016, 10:14

Nigmatullin, le mix parfait

À première vue, les musiciens et les footballeurs n'ont pas grand-chose en commun. Pourtant, ces deux métiers présentent au moins une similitude : "Par-dessus tout, j'aime me produire devant un public", explique Ruslan Nigmatullin, footballeur devenu DJ. "Ma carrière de footballeur m'a donné cette chance. Aujourd'hui, j'ai mes propres spectateurs et rien ne saurait me faire plus plaisir." Durant sa carrière, l'ancien gardien de but a porté les couleurs de KAMAZ Naberezhnye Chelny, du Spartak Moscou et du Lokomotiv Moscou. Il a aussi joué en Italie, au Hellas Vérone et à la Salernitana. Il a défendu le but de la Russie pendant la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002™. Autant dire que la foule, il connait...

Après avoir raccroché les crampons en 2009, il s'est découvert un nouveau talent. Désormais, Nigmatullin est un DJ reconnu dans son pays et à l'étranger. "C'est vrai qu'on ne s'attend pas à une telle reconversion pour un footballeur", reconnaît l'intéressé pour FIFA.com. "Pour quelqu'un qui a joué au football toute sa vie, devenir DJ n'est pas chose facile. On ne peut pas se contenter de rester debout derrière les platines et compter sur sa popularité pour faire le reste. Il faut s'investir à fond dans son travail. C'est très prenant."

Si le Joueur russe de l'année 2001 s'est tourné vers la musique, ce n'est pas par hasard. "J'ai étudié la musique à l'école. Je jouais de la guitare. En grandissant, j'avais deux passions : la musique et le football. Un jour, j'ai dû faire un choix et c'est le football qui l'a emporté", raconte celui qui, dans son enfance, écoutait les ballades rock de Gary Moore et des Scorpions. "J'ai toujours préféré les compositions mélodiques aux choses plus lourdes", explique-t-il. Aujourd'hui, on le retrouve de l'autre côté de la scène. En 2014, il a été élu meilleur DJ du pays, tandis que sa chanson "Symphony" a atteint la deuxième place des hit-parades russes en 2011.

350 villes en sept ans Pour un footballeur, la Coupe du Monde reste un symbole d'excellence. Mais quels rêves nourrissent les DJ ? "Ce qui compte le plus pour un artiste, quel qu'il soit, c'est d'être populaire. J'ai la chance d'avoir un certain succès et je suis toujours en tournée. Ça faisait justement partie des choses qui me plaisaient dans la vie de footballeur : les déplacements pour les matches à l'extérieur. Dans la musique, il faut beaucoup voyager aussi. Chaque week-end, je pose mes valises dans une nouvelle ville. J'en ai déjà visité 350, de New York à Vladivostok ! Je suis aussi à l'aise dans un petit bar que devant 40 000 spectateurs."

Nigmatullin a déjà eu l'occasion de croiser la route de Gaizka Mendieta, ancien international espagnol qui a lui aussi choisi de devenir DJ. "Nous avons joué ensemble à l'occasion d'un match de vétérans. J'avais entendu dire que nous faisions le même métier, alors je lui ai offert un de mes disques. Malheureusement, nous n'avons pas eu la chance de parler musique", regrette l'ex-portier aux 24 sélections, qui a ouvert son propre centre de formation. "C'est un poste un peu particulier. Il faut s'y consacrer dès son plus jeune âge. Pourtant, beaucoup de centres de formation n'ont pas d'entraîneurs spécifiques pour les gardiens. J'ai dû attendre 21 ans avant de bénéficier d'un entraîneur attitré. C'est la raison pour laquelle beaucoup de jeunes gardiens viennent me voir. Ils veulent des conseils supplémentaires."

À l'origine, Nigmatullin avait ouvert son école pour ses fils, qu'il espérait voir percer dans le football. Est-ce vraiment un hasard si l'aîné, prénommé Ruslan, est gardien de but, tandis que Marcel, 12 ans, joue du piano...?

La nuit en Russie Logiquement, Nigmatullin a été choisi pour animer la cérémonie de lancement du programme des volontaires de la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ organisée en juin à Moscou. "Les volontaires réalisent des choses extraordinaires à chaque fois qu'il y a un grand tournoi", juge-t-il. "J'étais très fier de participer à Russie 2018, même si ma contribution n'a rien à voir avec le football. Je vais essayer de mixer un hymne sympathique pour la compétition."

Il a hâte de voir les supporters du monde entier débarquer en Russie pour assister à l'épreuve mondiale en 2018. "La Coupe du Monde représente le point d'orgue de la carrière d'un joueur. En 2002, nous avions été éliminés au premier tour, mais je me souviens du plaisir que nous avions ressenti à faire partie de cette grande fête", assure-t-il. "C'était génial. Je suis impatient de retrouver ces sensations en Russie. C'est une lourde responsabilité, mais notre pays sait organiser de grands événements sportifs. Je ne doute pas un instant que les fans qui nous rendront visite passeront un très bon moment."

Les amateurs de musique ne seront certainement pas en reste. "Les noctambules sont les bienvenus en Russie", glisse Nigmatullin en conclusion. "Ils pourront fêter la victoire de leur équipe dans nos boîtes de nuit. Il y a de la bonne musique et d'excellentes sonos." Apparemment, il y a aussi de très bons DJs...