Le phénix Yoon sur les traces de Park
Park Jisung a laissé derrière lui un grand vide dans l’entrejeu de l’équipe de République de Corée lorsqu’il a pris sa retraite internationale en 2011. Les Guerriers Taeguk ont notamment échoué à sortir de la phase de groupes de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. Mais la résurgence récente de Yoon Bitgaram laisse espérer au pays que Park a peut-être enfin trouvé un héritier. "Une légende m’a surtout marqué et j’ai eu la chance d’évoluer à ses côtés : Park Jisung. C’était un modèle pour l’équipe, il m’a profondément influencé" confie d'ailleurs Yoon au micro de FIFA.com.
Le joueur de 26 ans impressionne depuis qu’il a rejoint le club de Yanbian Fude, en Super League chinoise, au début de la saison. Ses performances n’ont d’ailleurs pas échappé au sélectionneur de la République de Corée, Uli Stielike, qui l’a appelé pour la première fois depuis un match de qualification face à l’Ouzbékistan sur la route de Brésil 2014. Yoon a parfaitement répondu aux attentes pour son retour en sélection, en ouvrant le score et en délivrant une passe décisive lors d’une victoire 2:1 en amical, il y a peu, face à la République Tchèque.
"Je suis heureux d’avoir pu aider mon équipe à l’emporter", raconte Yoon****. "C’était mon premier match international après une longue absence, il avait donc une signification particulière à mes yeux. J’espère être à nouveau appelé dans le groupe pour le prochain match. Je vais bien sûr travailler dur pour le mériter."
Né à Changwon, en 1990, Yoon a débuté sa carrière professionnelle sous les couleurs du club de sa ville, le Gyeongnam FC, en 2010. Mais il s’était révélé bien avant comme l’un des joueurs les plus prometteurs du pays. Il a notamment participé à la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2007, organisée par la République de Corée. Aligné lors des trois matches disputés par son équipe, il a inscrit le but de la victoire (2:1) face au Togo. Ses qualités étaient telles que les médias locaux n’ont alors pas hésité à en faire le "Zidane coréen".
Yoon a continué à s’affirmer sur la scène nationale après avoir rejoint le Gyeongnam FC, il y a six ans. Il a ainsi réalisé un premier exercice remarqué en K League. Ses six buts, en 24 sorties, lui ont même valu d’être désigné meilleur espoir du championnat. Il a effectué l’année suivante ses débuts en sélection à l’occasion de la Coupe d’Asie de l’AFC 2011, où il a permis à son équipe d’atteindre le dernier carré en inscrivant le seul but de la rencontre face à l’Iran. Auteur de cinq apparitions lors de la campagne qualificative, le milieu de terrain a également aidé les Guerriers Taeguk à décrocher leur billet pour Brésil 2014.
Mais il a ensuite connu une traversée du désert longue de quatre ans, en partie explicable par sa méforme en club. Yoon n’a en effet marqué qu’à une seule reprise tout au long de la saison 2013 avec sa nouvelle écurie, Jeju United. Le prodige ne répondait pas aux attentes placées en lui, tant et si bien que les médias sud-coréens lui avaient trouvé un nouveau surnom : "le génie oublié".
Yoon a pourtant rebondi avec brio la saison dernière, ses six buts et sept passes décisives permettant à Jeju de terminer dans le top six du championnat. Il a poursuivi sur sa lancée en Chine, à Yanbian, où ses services chirurgicaux et ses buts spectaculaires lui ont mis le public dans la poche. "Mes performances en club m’ont probablement aidé à revenir en équipe nationale", note le joueur. "Le coach a sans doute vu mes matches et a décidé de me donner une chance."
Des rêves de Coupe du Monde Non retenu pour la dernière Coupe du Monde, Yoon est déterminé à ne pas laisser passer le train une deuxième fois. Alors que le troisième tour des qualifications de la zone Asie pour Russie 2018 débutera en septembre, il se dit prêt à aider la République de Corée à s’extraire d’un groupe comprenant également l’Iran, l’Ouzbékistan, la RP Chine, le Qatar et la Syrie.
"Je veux montrer de quoi je suis capable", insiste-t-il. "Mais je souhaite avant tout aider mon équipe à gagner des matches. Je dois dans un premier temps assimiler rapidement ce que le sélectionneur attend de nous. Et en tant qu’équipe, nous devons ouvertement assumer nos objectifs, à savoir la qualification pour la Coupe du Monde. Cette compétition est un aboutissement pour tous les joueurs. J’en rêve depuis que je suis tout petit et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour participer à la Coupe du Monde."
"J’ai confiance en mes qualités à la passe et à la finition", conclut-il. "Et je compte évidemment continuer à travailler pour m’améliorer. Je vais muscler mon jeu en donnant le maximum à l’entraînement et en match. Enfin, même si je ne suis pas capitaine, je dois prendre davantage de responsabilités."