À 70 ans, Carlton Gomes est le bénévole le plus âgé d’Inde 2022
Il s’occupe d’accueillir les VIP au stade à Goa
"Je réalise mon rêve en faisant partie de cette merveilleuse Coupe du Monde", a-t-il dit à la FIFA
À la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Inde 2022, vous n’avez pas besoin d’avoir 16-17 ans et de représenter votre équipe nationale de football pour réaliser vos rêves de gosse. Non, vous pouvez avoir 70 ans, participer à la Coupe du Monde, et ainsi accomplir l’objectif d’une vie. Pour la deuxième fois ! C’est le cas de Carlton Gomes, un habitant de Goa pas comme les autres. Bénévole le plus âgé de la Coupe du Monde Féminine U-17 2022 en Inde, il s’occupe d’accueillir les VIP au stade Pandit Jawaharlal Nehru. Il avait déjà la charge de ce poste lors de la Coupe du Monde U-17 des garçons en 2017, dans son pays également.
Lors de l’édition 2022, il a notamment accueilli Ibrahim Gusau, le président de la Fédération du Nigeria, et Johanna Wood, présidente de la Fédération néo-zélandaise et membre du Conseil de la FIFA, à l’occasion des demi-finales. Mais il a surtout apprécié l’expérience qu’il a pu vivre pour la deuxième fois. "Les footballeuses que l’on voit ici donnent le coup d’envoi de leur rêve", explique Carlton Gomes lors d’une interview avec la FIFA, en faisant référence au slogan du tournoi Kick off the dream. "Mais moi aussi. À chaque fois que j’entre dans le stade en tant que bénévole, je réalise mon rêve en faisant partie de cette merveilleuse Coupe du Monde." "On m’a dit qu’à 70 ans, j’étais le bénévole le plus âgé des trois sites, Bhubaneswar, Goa et Mumbai. Je remercie Dieu de m’avoir donné l’énergie et l’inspiration pour être ici, mais aussi ma famille pour son soutien. J’ai l’impression de vraiment participer au tournoi. Si j’étais plus jeune, j’irais peut-être même fouler la pelouse pour jouer !"
L’ancien employé des chemins de fer n’était pourtant pas forcément prédestiné à réaliser son rêve dans un stade de football. Ancien gardien de but de hockey, international indien à trois reprises, il n’a jamais été convoqué pour une Coupe du Monde – un de ses regrets – et a pris sa retraite en 2012. Passé entraîneur, il a participé aux Jeux Olympiques spéciaux 2013 et a aidé l’équipe féminine de hockey à remporter la médaille d’or et son équivalent masculin l’argent. "J’ai joué au foot pour les chemins de fer, mais jamais au haut niveau ; le hockey était ma priorité", explique le septuagénaire. "Mon entraîneur de hockey me disait de jouer au foot parce que ça pouvait m’aider à prendre un certain rythme dans les buts de hockey." Il explique aussi que le foot, relégué loin derrière le cricket et le hockey parmi les sports les plus populaires d’Inde, tient en réalité une place importante dans le cœur des habitants de la province de Goa, très influencée par le passage des Portugais dans la région. "Les Goans ont le foot dans le sang. Goa, mais aussi la région de Calcutta, a produit certains des meilleurs footballeurs indiens."
En tant que connaisseur, il n’est d’ailleurs pas resté indifférent au niveau affiché par les équipes de la Coupe du Monde Féminine U-17 passées dans sa ville de Goa – Chili, Nouvelle-Zélande, Allemagne, Nigeria, Canada, France, Japon, Tanzanie, États-Unis, Maroc, Colombie, Mexique et Espagne, c’est-à-dire 13 des 16 équipes du tournoi. "La qualité du football et la condition physique de toutes les équipes sont vraiment exceptionnelles", dit-il. "J’espère que l’équipe indienne parviendra un jour à atteindre ce niveau-là." En attendant, M. Gomes est tout simplement fier d’avoir pu diriger un groupe de bénévoles exceptionnels, avec le cœur sur la main, comme leur leader. "J’ai beaucoup appris grâce au comité d’organisation local et grâce à la FIFA. Cette année mais aussi en 2017. J’ai énormément de souvenirs et j’ai créé un album avec plein de photos." Enseignements, beaux souvenirs et merveilleuse expérience… Les objectifs sont toujours les mêmes à Inde 2022. Que vous ayez 16-17 ans ou bien 70 ans.