FIFA
samedi 17 septembre 2016, 18:01

L'Iran avec un adjoint sur le terrain

Les entraîneurs aiment s'entourer de joueurs capables de réfléchir sur le terrain. Le sélectionneur de l'Iran Seyed Nazemalsharieh peut donc se féliciter d'avoir appelé Mohammad Keshavarz pour la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA, Colombie 2016. Le capitaine des champions d'Asie en titre a occupé pendant un an les fonctions d'entraîneur dans son club, Giti Pasand.

"Nous avons connu quelques problèmes et nous nous sommes retrouvés sans personne pour diriger les entraînements. Comme nous n'avions pas d'argent pour engager un nouveau technicien, j'ai décidé de me mettre au service de mon équipe", explique l'international de 34 ans au micro  FIFA.com. Durant la saison 2014/15, Keshavarz a donc tenu le rôle d'entraîneur-joueur, une expérience qui a profondément changé son regard sur le futsal.

Du jour au lendemain, il a dû prendre en charge la tactique, l'entraînement et l'organisation. "On ne peut pas rester le même quand on endosse de telles responsabilités. Je devais m'occuper d'énormément de choses", poursuit le défenseur, qui constate en riant : "Maintenant, je comprends mieux ce qu'ont pu ressentir certains de mes anciens mentors qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour m'aider à progresser."

Préparer l'avenir Si le port de cette double casquette n'est assurément pas de tout repos, Keshavarz n'a pas démérité. Le Joueur asiatique de l'année 2011 en futsal a conduit son équipe à la deuxième place du championnat d'Iran, à un point du titre. Avec une telle carte de visite, on imagine que son avenir est déjà tout tracé.

"Effectivement, j'aimerais bien devenir entraîneur par la suite", reconnaît l'intéressé lorsqu'on l'interroge sur sa future carrière. Toutefois, ce jeune père de famille n'est pas encore décidé à troquer les baskets contre un tableau noir. "J'arrêterai le jour où j'aurai le sentiment de ne plus rien apporter à mon équipe."

À voir évoluer le sextuple champion d'Iran sur les parquets colombiens, ce jour n'est peut-être pas pour tout de suite. Keshavarz, qui dispute sa quatrième Coupe du Monde de Futsal, reste plus que jamais l'un des piliers de son équipe. Sous son impulsion, la Team Melli a remporté une partie âprement disputée face au Maroc.

Pour autant, Keshavarz possède manifestement toutes les qualités requises pour réussir une belle carrière sur les bancs de touche. On a pu le voir donner sans cesse des instructions à ses partenaires. Son équipe ayant rapidement frôlé la limite de fautes collectives, il s'est attaché à calmer son monde, pour éviter de concéder un penalty inutile. Sur le plan individuel, il a fait apprécier son habileté dans les duels en poussant régulièrement ses adversaires à la faute.

L'entraîneur reste le chefBien après le coup de sifflet final de cette partie remportée 5:3 par l'Iran face aux champions d'Afrique, il s'est attardé sur le terrain pour discuter avec son entraîneur. "Nous parlons souvent des aspects tactiques. À l'entraînement, j'essaye d'attirer l'attention de mes coéquipiers sur ces questions. Toutefois, c'est à l'entraîneur et à lui seul de définir notre stratégie. Je me contente de relayer son message de temps en temps."

Jusqu'à présent, ce mode de fonctionnement se révèle plutôt satisfaisant. Malgré la défaite, l'Iran n'a pas démérité face à l'Espagne pour son entrée en lice dans le tournoi. Le succès sur le Maroc laisse désormais entrevoir la perspective d'une qualification pour les huitièmes de finale. Éliminé à ce stade de la compétition en 2012, Keshavarz espère aller plus loin en 2016.

"Nous sommes arrivés avec de grandes ambitions en Colombie et nous comptons bien prolonger notre séjour dans ce merveilleux pays le plus longtemps possible", assure-t-il. Pour ce faire, il faudra battre l'Azerbaïdjan lors de la troisième et dernière journée  ce dimanche 18 septembre à Medellin. Avec trois points de plus, l'Iran serait assuré de franchir la phase de groupes.

Quoi qu'il arrive dans les prochains jours, Keshavarz aura beaucoup appris lors de son séjour en Amérique du Sud. Ces expériences lui seront certainement précieuses pour sa future carrière d'entraîneur. Surtout 'il parvient à s'entourer de joueurs capables de réfléchir comme lui sur le terrain...