jeudi 01 décembre 2016, 12:11

Keßler, l'arrêt brutal après le Graal

Le plus dur n'est pas toujours d'arriver au sommet, mais d'y rester. C'est ce qu'espérait faire Nadine Keßler, , mais elle n'aura jamais l'occasion de tester sa longévité après avoir atteint le plus haut niveau. Élue Joueuse Mondiale de la FIFA en 2014 à l'âge de 26 ans, elle n'a pratiquement plus jamais eu l'occasion de fouler les terrains par la suite.

L'internationale allemande, harcelée par des blessures à répétition, a fini par jeter définitivement l'éponge en avril 2016. "Les deux dernières années ont été les plus difficiles de ma vie. Je devais me battre sans arrêt", explique la championne d'Europe 2013 à FIFA.com, la voix brisée par l'émotion. "J'avais encore beaucoup d'objectifs à accomplir, mais ma situation médicale ne m'a pas laissé le choix. Dans la vie, on doit parfois se montrer raisonnable. À un moment donné, il faut savoir dire stop."

Malgré ce destin tragique, Keßler ne nourrit pas le moindre regret. "Je suis reconnaissante pour tous ces beaux moments. C'était merveilleux. Je considère cette récompense individuelle comme la meilleure des conclusions pour cette grande aventure." Le 9 janvier 2017, une nouvelle joueuse lui succédera au palmarès à l'occasion des The Best FIFA Football Awards™. L'ancienne milieu de terrain n'a pas vraiment de favorite mais, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus, elle nous révèle tout de même à qui irait sa voix. Elle revient également sur son expérience personnelle et sur ce que représente cette distinction dans le football féminin.

Le football pour rompre la glace À mesure que la remise des récompenses approche, les souvenirs se bousculent dans la tête de la quadruple championne d'Allemagne. "Sur le coup, je suis restée sans voix. J'avais l'impression de me retrouver propulsée dans un autre monde. Pour un peu, j'aurais cru que tout ça arrivait à quelqu'un d'autre", raconte Keßler, lorsqu'on l'interroge sur l'instant fatidique où son nom a été dévoilé. Elle avoue d'ailleurs ne pas avoir tout de suite pris la mesure de l'événement. Ce n'est qu'en discutant avec sa mère et ses frères et sœurs que la portée de son exploit lui est pleinement apparue. "Là, je me suis dit que j'étais en train de vivre le plus grand moment de mon existence. C'était un sentiment magique, qui ne ressemblait à rien de ce que j'avais connu auparavant."

Deux ans plus tard, la vie de Keßler a bien changé, même si le football féminin tient toujours une grande place dans son quotidien. "J'occupe diverses fonctions d'ambassadrice. Je compte bien tout faire pour que nous continuions à progresser", détaille celle qui occupe désormais un poste à la DFB, la fédération allemande de football.

La triple vainqueur de la Ligue des champions féminine de l'UEFA n'a rien perdu de son énergie. Elle ne s'imagine pas une seconde couler des jours heureux dans l'oisiveté la plus totale. "C'est très difficile pour moi d'entamer la journée du bon pied si je n'ai pas d'objectifs précis", assure-t-elle. "J'essaye beaucoup de choses. Je suis en quête d'activités pour lesquelles je pourrais me passionner. Je cherche à m'engager dans des projets sociaux. Le football est une bonne porte d'entrée pour ça. Grâce à lui, on peut rompre la glace avec la plupart des gens en l'espace de quelques minutes. C'est ce qui fait sa force."