mardi 03 mai 2016, 09:46

Hearn remet les J.O. à son C.V.

Amber Hearn a derrière elle un parcours impressionnant : son palmarès compte deux participations à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ ainsi qu'au Tournoi Olympique de Football Féminin, auxquelles devrait s'ajouter bientôt une troisième. La Néo-Zélandaise est en outre la meilleure buteuse de l'histoire de son pays. Un joli curriculum vitæ que la joueuse du FF USV Iéna peaufine encore...

"La Coupe du Monde a probablement plus d'importance dans le monde du football, mais les Jeux Olympiques, c'est quelque chose qu'on a envie d'avoir sur un C.V.", confirme-t-elle au micro de FIFA.com. "On se retrouve dans un environnement différent, au milieu d'autres athlètes. C'est assez impressionnant : quand on arrive au village olympique, on voit toutes les nationalités, des sportifs avec des morphologies différentes, de toutes les tailles. Les J.O, c'est une expérience qu'il faut vivre et qu'il faut apprécier. Je l'ai déjà vécue deux fois et j'en ai encore le souffle coupé quand j'y pense."

Si, en 2008, la Nouvelle-Zélande a dû faire ses valises à l'issue du premier tour, Hearn et ses coéquipières ont réussi quatre ans plus tard, à Londres, à accéder aux quarts de finale, où elles se sont inclinées face aux USA, futurs vainqueurs du tournoi. Pour faire aussi bien cette année, les Kiwis devront surmonter une première phase compliquée. Elles seront confrontées, dans le Groupe G, aux tenantes du titre américaines, à la France et à la Colombie. "La première chose qui m'est venue à l'esprit quand j'ai vu la composition de notre poule a été : 'aïe, c'est certainement le groupe le plus difficile.' Les États-Unis ont une très bonne équipe, qui est en tête du Classement mondial et qui compte dans ses rangs des joueuses exceptionnelles. C'est aussi le cas de la France et de la Colombie. À nous maintenant de relever le défi", souligne-t-elle.

Il reste encore trois mois à Hearn et à ses coéquipières pour se préparer pour le tournoi. Pour les Néo-Zélandaises, cette période de préparation revêt une grande importance. "Les sacrifices que nous faisons toutes pour notre équipe font honneur aux filles. Nous n'avons vraiment pas beaucoup de temps pour nous préparer pour les matches", explique la joueuse de 31 ans, soulignant les difficultés auxquelles les Football Ferns sont confrontées. "Nous vivons presque toutes à l'étranger. C'est donc beaucoup plus difficile pour nous que, par exemple, pour l'Allemagne, dont la plupart des joueuses vivent en Europe. Elles ont peut-être une heure d'avion à faire pour rejoindre le camp d'entraînement de l'équipe. Pour les Néo-Zélandaises, il faut traverser la moitié du monde."

Malgré tout, Hearn trouve le bilan plutôt satisfaisant. En Coupe de l'Algarve, la Nouvelle-Zélande a atteint le match pour la troisième place, avant de perdre aux tirs au but contre l'Islande. Récemment, elle a enregistré une défaite en amical face aux Pays-Bas. "Notre préparation est bonne, les résultats le sont moins. Il y a certaines choses sur lesquelles nous sommes au point et d'autres qu'il faut améliorer", résume la double championne d'Océanie. "Sur le plan défensif, notre équipe est solide. Personnellement, je trouve que nous devrions être plus tournées vers l'offensive et faire preuve de plus de sang-froid devant le but adverse. C'est comme ça qu'on remporte des matches."

L'expérience ne fait pas tout C'est l'expérience qui parle. L'artilleuse compte 50 réalisations, ce qui fait d'elle la meilleure buteuse de l'histoire de la Nouvelle-Zélande. Elle compte en outre parmi les joueuses les plus capées de son pays, puisqu'elle a porté les couleurs de la sélection à 100 reprises. "Statistiquement parlant, on remporte plus de matches quand on a plus de joueuses expérimentées dans son groupe. Mais le jeu évolue de jour en jour. Il y a plein de jeunes joueuses, de talents aux profils différents", analyse la buteuse, modeste et heureuse de ce qu'elle a accompli jusqu'ici. Il lui reste encore un rêve...

"Partir à la retraite !"conclut-elle dans un éclat de rire. "Je plaisante. Tout le monde rêve de pouvoir disputer de grands tournois, la Coupe du Monde en particulier. Mon rêve à moi serait de ramener une médaille chez moi. Sur le plan personnel, je pense que j'ai réalisé ce que je voulais réaliser."