mercredi 25 mai 2016, 09:26

Hamren : "Zlatan a rempli son rôle à la perfection"

Pour la Suède, l'UEFA EURO 2016 a un parfum de fin d'époque. Le sélectionneur Erik Hamren a annoncé qu'il mettra fin, au terme de la compétition continentale, à un mandat entamé il y a sept ans. Reste à savoir si l'entraîneur sera imité par un capitaine en fin de carrière. Zlatan Ibrahimovic va bientôt fêter ses 35 ans. Il avait fait savoir que les qualifications pour Brésil 2014 seraient sa dernière tentative de participer à une Coupe du Monde de la FIFA™. Mais l'attaquant évolue à un niveau tellement élevé, avec plusieurs records battus, que son sélectionneur va tout faire pour l'inciter à prolonger l'aventure.

À son arrivée aux commandes de la Suède, en 2009, alors âgé de 28 ans, Ibra avait déjà pris une retraite internationale précoce. Hamren lui avait alors demandé de revenir sur sa décision, lui proposant même de prendre le brassard afin de réunir au lieu de diviser. C'était le début d'une alliance solide, au cours de laquelle Ibrahimovic, par la qualité de ses prestations, aura donné raison à Hamren. Le capitaine est devenu au cours de cette période le meilleur buteur de l'histoire de son pays, avec 62 unités, total amélioré depuis grâce à trois buts cruciaux - dont un superbe coup franc - contre le Danemark dans un barrage à suspense pour l'UEFA EURO 2016. La Suède a validé à cette occasion son billet pour la France.

Le sélectionneur suédois prépare aujourd'hui un EURO au cours duquel son équipe aura fort à faire pour s'extirper d'un groupe qui comprend la Belgique, l'Italie et la République d'Irlande. Comme il le confie à FIFA.com, partir sur une bonne note ne sera pas simple.

Erik Hamren, où en êtes-vous de votre préparation pour l'EURO ?Pour un sélectionneur, la période qui précède un grand tournoi est toujours compliquée. Il y a tellement de choses à préparer. La plupart se font sans les joueurs. Après, vous étudiez les cas individuels pour voir qui n'a pas assez joué en club, qui a trop joué. Mais vous ne pouvez pas tout contrôler. L'objectif est de faire de votre mieux avec les moyens dont vous disposez.

Le tirage au sort a placé la Suède dans le groupe le plus difficile. Peut-elle se qualifier ?Si l'on s'en tient au classement mondial, l'Irlande et la Suède seront les deux outsiders. Mais nous avons les moyens de passer. Nous sommes l'équipe la moins bien classée du groupe, donc forcément, ça ne sera pas simple. Mais le football n'est pas qu'une question de tableaux. Ce qui semble évident sur le papier n'est pas toujours confirmé par le terrain.

Comment avez-vous vécu le barrage contre le Danemark ?Un barrage est toujours particulier, mais le fait de rencontrer le Danemark, avec la relation qui existe entre les deux pays, a rendu les choses encore plus spéciales. J'ai travaillé au Danemark pendant quatre ans et demi. J'ai donc beaucoup d'amis là-bas. Cela dit, quand je parle avec eux, je ne leur cache pas que je suis très heureux que ce soit nous qui participions à l'EURO !

A-t-on vu le vrai visage de la Suède lors de ce barrage, alors qu'au cours des qualifications, votre équipe semblait moins inspirée ?Nous nous sommes complètement ratés en septembre, avec deux défaites contre la Russie et l'Autriche. Mais à part ça, ce n'était pas mal. Cela dit, c'est lors de la double confrontation avec le Danemark, et surtout à Stockholm, que nous avons réussi à trouver la bonne formule à la fois défensivement et offensivement. Dans les autres matches, nous avons souvent eu tendance à privilégier un secteur par rapport à l'autre. Dans une compétition comme l'EURO, nous devrons être performants dans les deux domaines si nous voulons avoir une chance. Quelle a été a la contribution de Zlatan Ibrahimovic à votre victoire en barrage ? C'est lui qui nous permet de le gagner, c'est aussi simple que ça. Il a été tout simplement fantastique et nous avons de la chance d'avoir un joueur comme lui, capable de réussir ce genre de choses de façon aussi régulière. Avec Ibrahimovic, nous savons que si nous sommes au point sur le plan collectif, nous pouvons compter sur un joueur de classe mondiale pour faire pencher le match en notre faveur.

Comment avez-vous vécu les critiques lors de votre décision d'en faire votre capitaine ?J'avais fait cela pour qu'il prenne ses responsabilités au sein de l'équipe, pour qu'il soit un vrai leader. Il a rempli ce rôle à la perfection. Il a donné tout ce que j'espérais le voir apporter comme capitaine. Il ne faut pas oublier que la moitié de mes joueurs ont passé leur enfance à idolâtrer Ibrahimovic. Pour un entraîneur, il n'est pas forcément facile de faire en sorte que la relation entre les deux soit bénéfique. Mais il a été superbe avec les plus jeunes. Il a répondu à mes attentes à 100 %.

Pensez-vous que l'EURO marquera les dernières apparitions de Zlatan Ibrahimovic sous le maillot suédois ?Physiquement, je pense qu'il peut continuer d'apporter beaucoup à l'équipe, et ce pendant encore plusieurs années. Il n'y a aucun doute là-dessus. Après, la question se situe sur le plan mental. Aura-t-il encore la motivation nécessaire après une carrière qui dure depuis pas mal de temps déjà ? C'est la grande question qui se posera pour lui après l'EURO et il sera le seul à pouvoir y répondre.

De votre côté, vous avez d'ores et déjà annoncé votre décision de partir après l'EURO. Qu'est-ce qui vous a conduit à ce choix ?C'est une décision qui a eu le temps de mûrir. Cela fait sept ans que je suis sélectionneur de la Suède et j'estime que c'est le bon moment pour arrêter, surtout après avoir obtenu une nouvelle qualification pour l'EURO. Les départs sont toujours tristes, mais j'ai le sentiment d'avoir pris la bonne décision.

Qu'est-ce qui vous attend ensuite ? Un retour sur le banc d'un club ?Ce qui est certain, c'est que je n'exclus aucune possibilité. J'aime la fonction de sélectionneur, mais entraîner un club, comme j'ai eu l'occasion de le faire à plusieurs reprises, m'a toujours plu également. J'espère pouvoir travailler pendant quelques années encore. Cela dit, j'ai eu le temps d'apprendre, au cours de ma carrière, que dans ce métier, il est inutile de prévoir à trop long terme.

Pour finir, l'avenir de l'équipe de Suède vous semble-t-il radieux au moment de partir ?Oui, j'en ai la conviction. Regardez ce qu'ont fait nos U-21 dans le Championnat d'Europe l'an passé. Nous sommes également très performants chez les U-17 et les U-18. La relève est là, il n'y a aucun doute là-dessus et d'ailleurs, certains de ces excellents jeunes joueurs font déjà partie de mon effectif. J'espère qu'ils pourront apporter quelque chose. Cela dit, il ne sera pas non plus évident pour eux de continuer à porter le flambeau lorsqu'Ibrahimovic ne sera plus là. On ne sait pas quand la Suède produira un autre joueur de son niveau. Peut-être jamais. Pour continuer à progresser sans lui, il faudra encore élever d'un cran notre niveau général.