Décrocher une médaille d'or aux Jeux Olympiques est un rêve pour tout sportif, mais la voie menant à la plus haute marche du podium est souvent semée d'embûches. Ce n'est pas Lisa Dahlkvist qui dira le contraire. Lors du Tournoi Olympique de Football Féminin à Londres en 2012, la Suède avait achevé son parcours dès les quarts de finale. Dans cette compétition, il s'agit malheureusement pour les Scandinaves d'une mauvaise habitude. Leur meilleur résultat remonte à Athènes 2004, où elles avaient terminé à la quatrième place.
À en croire Dahlkvist, cette année doit permettre de remettre les pendules à l'heure. La Suède a-t-elle donc une chance de se couvrir d'or à Rio ? "Oui", affirme-t-elle avec conviction à FIFA.com. "Bien sûr, ce sera dur et chacune d'entre nous devra évoluer à son meilleur niveau. Mais si nous y parvenons et restons soudées, alors tout est possible."
Récemment, les Blågult ont déjà su forcer le destin afin de se qualifier pour le rendez-vous brésilien. Elles ont validé leur billet grâce à leur première place dans un mini-tournoi organisé en mars dernier aux Pays-Bas, lors duquel elles ont été opposées au pays hôte, à la Norvège et à la Suisse. "Ces trois matches nous ont encore plus rapprochées. Elles ont nous fait prendre conscience que nous pouvions battre de très bonnes équipes si nous travaillions dur", explique la native de Stockholm avant d'énumérer les atouts de sa formation : "Nous jouons vite vers l'avant et notre défense est solide. Nous faisons les efforts les unes pour les autres et notre état d'esprit est positif".
Les Suédoises auront besoin de tous ces ingrédients si elles veulent bien figurer dans la phase de groupes des Jeux Olympiques. Le tirage au sort leur a réservé un programme corsé, avec la RP Chine et l'Afrique du Sud, et surtout le Brésil de Marta, quintuple Joueuse Mondiale de la FIFA. "C'est un groupe difficile, mais aussi passionnant", sourit Dahlkvist. "Ces équipes ont chacune un style très différent et nous les avons toutes déjà affrontées à plusieurs reprises. Les Brésiliennes seront devant leur public, qui attend de les retrouver en finale. Ce sera aussi l'ambition des joueuses et elles viennent de livrer une très belle prestation contre le Canada. Elles veulent faire un bon tournoi et je crois qu'elles y parviendront."
Les protégées de la sélectionneuse Pia Sundhage pourraient justement profiter du fait que dans ce Groupe E, tous les yeux seront rivés sur le pays hôte. "Elles auront une énorme pression sur les épaules. C'est un avantage pour nous", estime la quadruple championne de Suède. "Mais si elles sont capables de transformer cette pression en une énergie positive, alors elles auront le soutien de la foule. Tout dépend vraiment de leur capacité à gérer l'événement."
Des racines profondes Afin de réaliser ses rêves d'or, Dahlkvist espère pouvoir mettre à profit l'expérience emmagasinée depuis son arrivée en France. Après avoir passé la majeure partie de sa carrière dans son pays natal, la milieu de terrain, internationale depuis 2008, a accepté en 2015 une offre du Paris Saint-Germain. Une décision qu'elle ne regrette pas le moins du monde aujourd'hui. "Ça m'a fait beaucoup de bien. En France, le jeu est plus technique. J'ai fait des progrès dans ce domaine-là, ainsi qu'au niveau du jeu dans les petits périmètres", juge-t-elle. "Pour avancer, il faut prendre son courage à deux mains. Je suis restée très longtemps en Suède et quand on va dans un autre pays, il faut s'adapter, refaire ses preuves. Je crois que j'y suis arrivée. J'ai beaucoup appris en affrontant des équipes telles que Barcelone ou Lyon."
Partir à l'étranger n'a toutefois pas fait oublier ses racines à la joueuse de 29 ans, pour qui la famille demeure un point d'ancrage essentiel. Dahlkvist semble de plus avoir hérité du talent de son père Sven, qui a honoré 39 sélections avec la Suède entre 1979 et 1985 et a même été élu Joueur suédois de l'année en 1984. "Toute ma famille est importante. Tout le monde regarde mes matches", confie-t-elle. "Mon père et ma sœur sont les deux personnes avec lesquelles je peux le plus discuter de football. Ce sont les premiers vers qui je me tourne après certains matches. Je trouve vraiment bien d'avoir une famille qui vous dit ce qu'elle pense sans détour."
Des détours, il n'y en aura aucun d'autorisé sur le chemin qui mène jusqu'à une médaille olympique à Rio. La Suède y fera ses premiers pas contre l'Afrique du Sud, le 3 août prochain.